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 Tou et son contraire

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stephlg83



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Je suis : Maman de
Ange(s) : Charlotte
Décédé(e) à : 35 SA, à 6 semaines exactement de sa naissance prévue
Le : 04/02/2018
Date d'inscription : 09/03/2018

MessageSujet: Tou et son contraire   Mar 17 Avr - 10:10

ça y est je me lance à écrire

Une nouvelle journée avec le moral en berne et il ne s'était pas annoncé
J'essaie de me pousser, j'essaie de réagir, j'essaie de faire plein de choses
mais dès que j'ai une minute, j'ai de nouveau des idées noires
Et pourtant le printemps se montre enfin ... un printemps que mon bébé, ma petite fille tant désirée, ne découvrira jamais ..

ça fait 10 semaines et je compte toujours
ça fait 10 semaines et je dors souvent mal en me réveillant avec des idées noires et l'impression de ne pas être reposée
ça fait 10 semaines que j'ai l'impression e ne plus réussir à réfléchir, de penser, de vivre tout et son contraire, de n'avoir goût à rien, de vouloir être seule et mais d’angoisser à l'idée d'être seule

Je me suis réveillée ce matin avec l'angoisse de mourir moi-même

Un rêve atroce ; mon fils de 3 ans avait un problème et n'en réchappait pas et je ne rêvais que de le suivre ; mon conjoint ne réussissait à me tenir

Aujourd'hui je trouve ça lourd de le dire de le penser; et c'est une charge inconsciente tellement énorme pour ses petites épaules mais si je tiens c'est grâce à lui, mo bonhomme de 3 ans

ET je me suis réveillée angoissée, mal, anéantie de découvrir les scénarios de mon propre inconscient
Mal pour mon conjoint : je l'aime, mais je ne réussis plus à le lui montrer et je sais qu'il en souffre
Mal pour mon fils qui porte les chagrins de mère sans vraiment le savoir et surtout sans comprendre

Je ne sais pas si mes pensées sont "normales"
j'ai l'impression de dériver et de réussir à peine à me tenir sur une planche

Même en me lisant je me trouve à peine cohérente ... j'en suis désolée pour les personnes me lisant

On a notre dernière séance avec le psychologue de la clinique la semaine prochaine : je sens que je peux en avoir besoin, mais je ne me sens pas à l'aise avec
On m'a orientée sur un groupe de parole sur le deuil périnatale au CHU : j'ai rencontré la psychologue et j'ai eu  l'impression, malgré mon peu de cohérence, qu'elle comprenait et elle m'a rassurée que j'étais dans un cheminement normal (ceci dit vu ce qui se passe dans am tête, je ne sais pas si c'est rassurant)

à ses réponses, j'ai compris qu'il y avait encore des choses que jene maîtrisais pas et qu'il le faudrait peut-être  pour m'aider à avancer
Rien qu'à nommer mon bébé, à l'appeler ma fille et non "bébé" : Des choses qui me paraissent difficile en fait
Je pensais que je disais "bébé" parce qu'on a su qu'à la naissance que c'était une fille : on n'avait pas de prénom défini, on ne savait pas ce que c'était (fille ou garçon)

J'ai eu du mal à me sentir bien dans cette seconde grossesse : angoisse du deuxième peut-être, angoisse de perdre l'équilibre qu'on avait réussi à mettre en place à trois, angoisse que mon aîné doive partager, lui qui est très exclusif, peur de manquer de patience, quelques tensions dans le couple ...
Peut-être à cause de ces angoisses, il m'a fallu 1 an pour tomber enceinte, alors que le premier, un cycle et hop !
j'étais malade un mois de plus que le premier et  nauséeuse tout le long en fait
je ne réussissais pas à lui parler comme je parlais à son frère quand il était dans mon ventre

Est-ce que finalement ce n'est pas tout ça cumulé qui fait qu'elle a préféré rendre son tabler avant même de vivre ? elle n'avait même pas confiance en sa propre mère pour essayer ... je n'ai pas su la rassurer in utero
Je sais c'est stupide penser ça, mais on n'a pas vraiment d’explication médicale et je me suis rendue compte que j'avais besoin de ME sentir coupable, responsable
Sinon, pourquoi est-ce arrivé ?
On est en train de me découvrir un problème de coagulation, mais est-ce vraiment ça qui a provoqué "l'accident" ? elle n'avait aucun symptôme lié à ce syndrome SAPL (très barbare cmme nom)

Je sais que mon conjoint ne va pas mieux et il ne peut pas me remontrer comme je n'y arrive pas non plus
Je suis du style à remonter le moral à tout le monde, à être l'épaule de tous, mais là je n'y arrive pas, je ne me sens pas la force
Il est du style à vouloir résoudre les problème de tous, mais là il est impuissant, ça lui génère des soucis de mémoire, d'élocution, et je sais que ça l'angoisse encore plus : il me voit bien et mal dans la même heure et il ne sait pas comment me soutenir

On a notre fils , empathique au possible, qui  nous sollicite en permanence
e j'avoue que le peu d'énergie que j'ai, je la lui accorde, au détriment de mon homme, et je sais qu'il en souffre ... et j'ai encore plus mal de le mettre dans cet état

Mon mal être fait resurgir de vieilles angoisses : pourquoi reste-t-il avec moi  ?

Je me sens vide
creuse
inutile

Je suis sensée bercer, tenir dans les bras, allaiter, être épuisée, mal dormir parce que je dois me lever, être énervée parce que je suis fatiguée

Mon corps s'est divinement bien remis de cette grossesse : traître ou il m'a rendu service ?

J'ai accouché le jour de mon début de congé maternité, j'ai donc encore 6 semaines à la maison
Même si je suis occupée, comme je ne réussis pas à sortir en dehors de mes rdv obligatoires, je ne fais rien d'autre que de la maison : ménage, linge, cuisine, bricolage
C'est bien, mais je me sens inutile malgré tout
Je culpabilise le jour où je n'y arrive même pas à faire ce basique
Je me dis que vivement la reprise du boulot et en même temps je ne me sens pas prête du tout !!

....

Je me relis et découvre l'ampleur de ma déprime du jour
Je n'ai pas été confrontée souvent à la mort mais finalement je découvre que la mort d'un parent ou plutôt d'un grand parent, ça fait mal, mais c'est dans l'ordre naturel des choses, donc plus facile à surmonter la douleur (ce n'est que mon avis !)
Mais là, je devais donner la vie, et à la place, j'ai donné la mort ... alors que rien, absolument rien ne le présageait
et ça c'est insurmontable

J'ai lu un témoignage comme quoi "on n'a pas le choix", c'est vrai, on avance, on n'a pas le choix,
Mais on va garder quoi comme séquelles de ce drame ? est-ce qu'on se remettra vraiment ?
Quelles conséquences sur l'aîné qui voit ses parents changer d'humeur sans comprendre ?

Pour lui,  "bébé est juste parti dans les étoiles !", " c'est pas grave, tu en mettras un autre dans ton ventre maman "

Est-ce que faire un autre enfant (un deuxième, un troisième, on dit comment dans ces cas là ??) aidera à aller de l'avant ? est-ce que ça atténuera cet échec ? cette perte ?

Mon conjoint a peur que ça renvoie toujours à "celle qui n'est pas là" et pourtant il en a envie de refaire un bébé ....

Mon dieu que c'est dur !
Je pensais qu'écrire sur un forum serait mieux que sur mon journal, je ne sais pas encore ...
En tout ça me permet de mettre en vrais mots les diverses folies qui me traversent l'esprit ... en espérant que ça m'apaise un peu

.....
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Vanessa270318

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MessageSujet: Re: Tou et son contraire   Mar 17 Avr - 21:16

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Dernière édition par Vanessa270318 le Mer 18 Avr - 20:36, édité 1 fois (Raison : Je ne savais pas qu'on ne pouvais interagir.. Désolé)
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