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 Milo, mon petit homme, victime d'un HRP...

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lucette3000



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MessageSujet: Milo, mon petit homme, victime d'un HRP...   Milo, mon petit homme, victime d'un HRP... Icon_minitimeJeu 11 Avr - 5:47

Bonjour à vous toutes, si nombreuse, trop nombreuse…

Je viens à mon tour vous raconter l’histoire de mon petit bonhomme et de sa petite vie bien trop courte…

Je me présente, je m’appelle Lucie, j’ai 31 ans et je suis la maman d’une petite Soline née le 21/04/2016. Avec mon compagnon, Fred, nous souhaitions lui offrir un petit frère ou une petite sœur. Une fois la décision prise je tombe enceinte très rapidement, dès le premier cycle après l’arrêt de ma pilule. Je le sais, je le sens dès le départ, je fais 4 test de grossesse dont un sanguin (avant d’avoir du retard, j’étais trop impatiente), tous négatif alors que je sens au plus profond de moi que je suis enceinte. Je fini par me dire que je me trompe, et puis mes règles n’arrivent pas… nouveau test, je suis enceinte ! Date de début de grossesse estimé au 3/10/17. Une nouvelle aventure commence !

Je préviens mes très proche rapidement comme pour la première grossesse puis j’attends l’écho du premier trimestre pour « l’annoncer » vraiment à tout le monde. Tout ce passe très bien. Toute les écho sont parfaite, dès la première écho la sage femme (qui était la même que pour ma fille) nous fait un pronostique à 70% pour un petit garçon, on ne s’emballe pas, on attend patiemment la deuxième et elle nous confirme que nous attendons un petit garçon en pleine forme.

La grossesse se passe sans problème notable, juste un peu plus de fatigue que pour la première, ce qui paraît logique, plus de douleur dans le dos aussi, mais en portant la petite en plus du bébé cela aussi paraît logique…

J’entre dans mon dernier mois, le suivi avec la sage femme devient encore plus régulier, un monito tout les 15 jours il me semble, je prends aussi rdv avec l’anesthésiste. Il faut dire que pour ma première j’ai accouchée à J+3 alors je ne suis pas alarmée, j’ai passée les 37sa mais pour moi il me reste encore près d’un mois. Nous sommes le mercredi matin, le 6/06/2019 et je me rends donc à ce premier rdv de fin de grossesse, je patiente pendant le monito, son cœur bat bien, il bouge beaucoup, quelques toute petite contractions que je ne sens même pas. Tout va bien, je rentre chez moi mais passe tout de même au labo faire ma dernière prise de sang. La journée se poursuit, vient la fin d’après midi où je commence à me sentir complètement à plat, et surtout j’ai quelques douleurs dans le ventre, au début je me demande, je ne sais pas trop, et puis cela commence à me paraître évident, mon ventre se durcit, ceux sont des contractions !

Je prépare à la hâte des affaires pour moi et mon fils, oui je n’avais toujours pas grand-chose de prêt… La soirée se passe, je préfère prévenir ma mère de garder son téléphone près d’elle, il est possible que je l’appelle dans la nuit pour venir garder ma fille. Nous couchons Soline, je fini mes valises, Fred s’installe dans la chambre devant la télé, moi je vais prendre un bain. Je le réveil vers 1h du matin, j’appelle ma mère pour qu’elle vienne, nous partons pour la mater aux alentours de 2h du matin.

En arrivant sur place j’ai vraiment très très mal, je me lève du fauteuil roulant pour entrer dans la salle d’examen très difficilement et je vomi en route, la sage femme me pose le monito, je vois qu’elle galère un peu, elle fait une tête bizzar et demande à quelqu’un d’appeler « Sergio » (dans mon esprit ça fait tilt direct, je pense que c’est l’obstétricien qui m’a accouché de ma fille qu’elle à fait appeler) et puis direct je lui demande, « ça ne va pas ? Il y a un problème ? » Elle me dit « non, mais j’ai un peu de mal à capter son cœur » Le temps qu’elle me dise ça elle le trouve et il s’affiche sur le monito, du coup elle me dit qu’elle pense avoir capté mon cœur à moi au lieu du sien au début, le genre de chose qui m’est arrivé à presque chaque monito, donc rien d’inquiétant en soit, pendant ce temps l’obstétricien arrive, c’est bien ce que je pensais, c’est celui qui m’a accouché de ma fille 2 ans plus tôt qui est de garde ce soir, je me sens en confiance. Il vérifie le monito, fait le point avec la sage femme, tout va bien.

Mon col est ouvert à 2 il me semble, je n’en suis plus certaine, on me place dans une chambre de pré-travail, on m’y installe sur le lit avec le monito, les contractions sont très douloureuse et je ne rêve que d’une chose : quitter cette position allongé qui me tue le dos, je ne tiens plus en place, je voudrais faire du ballon pour essayer de me soulager mais on me dit qu’on arrive pas à garder le monito suffisamment longtemps pour observer l’évolution de sa fréquence cardiaque. Je ne comprend pas vraiment, on m’explique que même si la fréquence cardiaque de mon bébé est « bonne » elle est « trop régulière », problème qui peut parfaitement s’expliquer par le fait que le monito perde le signal très régulièrement du fait que je me torde de douleur sur le lit et que le bébé bouge aussi… Donc on patiente, en essayant de faire en sorte que le monito garde le signal suffisamment longtemps. Au bout d’un moment une sage femme revient nous voir et nous dit qu’on va me poser la péridural et essayer de faire avancer le travail plus rapidement car je suis vraiment en souffrance, qu’ils n’arrivent toujours pas à obtenir un rythme sur une période assez longue, et que mon col ne bouge vraiment pas beaucoup.

On part en salle de naissance, l’anesthésiste arrive pour ma péridurale, je vomi 2 fois avant qu’elle ne puisse me la poser, une fois la péri posé on me replace le monito, on entend rien, un appareil d’écho est demandé en urgence, il est là en quelques seconde, l’obstétricien regarde, et là les yeux collé à l’écran je l’entends dire « code rouge, code rouge, code plus que rouge, on y va là ». Je commence à comprendre qu’on part vers une césarienne, je suis presque soulagée, je souffre énormément. J’ai à peine le temps de me retourner que je vois 6 ou 7 personnes qui tiennent un brancard à coté de mon lit, on me passe sur le brancard et on part au bloc, je ne comprends pas. Je commence à réaliser la césarienne et me pose déjà des questions pour « l’après » la mise en place de l’allaitement plus compliqué quand on ne peut pas faire téter le bébé rapidement, les 2 heures de réveil à attendre seule au bloc… Enfin j’suis complètement à coté de la plaque, je ne m’inquiète que de ce que je suis capable d’imaginer… L’obstétricien me touche le ventre pour voir s’il peut ouvrir mais je le sens, la péri vient tout juste d’être posée, elle ne fait pas encore effet, on me met un masque sur le visage et me demande de compter à rebours de 10 à 0, je me souviens prononcer le 8 et sentir en même temps une drôle de sensation au niveau de mon bas ventre, j’ai l’impression de sentir qu’il m’ouvre le ventre au moment ou je m’endors.

Je me réveille plusieurs heures plus tard, dans une grande salle, il y a pas mal de mouvement je trouve, sur le coup je ne sais pas où je suis, il me faut quelques secondes ou minutes pour me remémorer les évènements qui se sont déroulés, me souvenir que je suis à l’hôpital, que j’étais en train d’accoucher, qu’on est partit en césarienne, ça y est, ça me reviens. Je vois passer une personne que je reconnais, c’est l’anesthésiste, je lui demande tant bien que mal « où il est ? » elle me répond juste « avec son père », c’est tout ce que je voulais savoir, cette réponse me suffit, je pense même avoir entendu « tout va bien », probablement mon cerveau qui complété les blancs, bref, je m’assoupi légèrement,  encore à mille lieu de comprendre ce qu’il c’était passé j’espère voir arriver mon conjoint avec un grand sourire au lèvres, je commence même à m’impatienter, j’ai hâte de monter dans ma chambre pour le voir. Je recommence avec mes doutes et mes angoisses au sujet de l’allaitement, j’essais d’apercevoir une horloge pour retrouver une notion de temps…

Au bout de quelques temps l’obstétricien repasse, je vois bien que sa tête n’est pas normale, il me dit qu’il aurait vraiment aimé que les choses se passent autrement, je ne comprends pas « vraiment », je me dis que oui, la césarienne d’urgence c’est pas le meilleur des scénarios, mais pour moi à ce moment là « ça va ». Plus tard mon conjoint arrive, il n’a pas le sourire que j’attendais un peu plus tôt, mais je mets ça sur le compte d’inquiétudes qu’il pouvait avoir pour moi. Il m’embrasse, sert fort ma main. L’obstétricien revient a ce moment là, et là j’entends toute une série d’informations, je ne serais pas dire dans quel ordre elles m’ont été dites ni dans quel ordre mon cerveau les a enregistrées, j’entends qu’il est dans un état grave, j’entends qu’il va être transféré, je comprends qu’ils ont mis 12 minutes à le réanimer (là c’est le choc, 12 minutes ?! c’est impossible ! c’est beaucoup trop long !), j’entends parler d’un « protocole de 72h » qui devrait lui faire du bien, qui « donne de bon résultat ».

Je suis sonnée, je ne comprends pas tout et j’ai du mal, ou alors je refuse de saisir la gravité de la situation… Je ne parle pas, je bloque dans ma tête sur ces 12 minutes, comment c’est possible ? On peut vraiment vivre après ça ? Avec quelles séquelles ?.. Je suis perdu, et encore un peu dans les vapes. On me ramène en salle de naissance pour un peu plus d’intimité et de tranquillité. Je ne me souviens plus vraiment de ces instants, je sais qu’ils sont en train de préparer mon fils pour qu’il soit transféré en hélicoptère d’abord à Lyon, puis finalement ça sera St Etienne, on m’y transférera aussi dès que mon état le permettra. Avant qu’il ne parte on m’amène Milo dans cette petite boite en plexi, je le vois à peine mais il est magnifique, je lui laisse un lange que j’ai gardé contre moi tout le temps du réveil pour qu’il ai mon odeur puis ils l’emmène. Mon conjoint part peu après pour aller expliquer la situation à mes parents et notre fille et le rejoindre à St Etienne au plus vite.

Je comprendrais plus tard que j’ai fait un hématome rétro placentaire provocant un décollement du placenta, mon fils à été mis en hypothermie pendant 72h afin de donner une chance à son cerveau de se remettre du manque d’oxygène qu’il a subit.

Après le départ de mon homme ma sœur est venue me rejoindre à l’hôpital, elle est elle aussi enceinte de 5 mois. Elle reste avec moi jusqu’à ce que je sois transférable. Je ne me souviens plus très bien de ce moment, ça me paraît un peu surréaliste, je me revois en train de lui donner des conseils pour expliquer tout ça à sa fille du même âge que la mienne… Et puis je suis partie en ambulance rejoindre mon fils, ça a été long, j’arrive là bas en fin de journée, le temps de faire toute les admissions une fois sur place, je reste dans une espèce de salle d’examen pendant un bon moment, puis on fini par me monter en chambre, mon conjoint est autorisé à rester car c’est une situation exceptionnel mais ce n’est pas la politique de la maison. On nous donne des cachets pour nous aider à dormir. Pour l’instant je n’ai pas revu mon p’tit bonhomme et je ne sais rien de plus.

Le lendemain je suis autorisée à essayer de me lever, je me lève sans problème, je veux voir mon fils. 

Je découvre le service de réa-néonat et son petit rituel, blousse blanche et double lavage de main. Le personnel est adorable, les infirmières surtout sont exceptionnelle, elles nous expliquent tout ce qu’il ce passe, ce qu’ils lui font, toutes les petites évolutions, elles répondent le plus simplement possible à toutes nos questions, enfin surtout celles de mon conjoint, personnellement je suis toujours sonnée, je prends les infos qu’on me donne au fur et à mesure mais je ne réalise toujours pas vraiment.

Milo est donc maintenue en hypothermie grâce à une sorte de petite couverture qui lui entour le corps et les jambes, les médecins ne se prononceront pas sur son état avant la fin du protocole de 72h.

On passe la journée avec mon conjoint à faire des allers-retours entre la néonat et ma chambre pour mes soins (prise de sang, transfusion, contrôle des agrafes…).

Le lendemain mes parents viennent avec Soline pour qu’elle rencontre son petit frère… A peine arrivée dans ma chambre elle cherche partout et demande son petit frère, elle me demande même si le lit d’appoint (qui est là pour Fred) est son lit. Mes parents montent voir Milo avec Fred pendant que je reste avec Soline. Elle boue d’impatience, j’arrive tout de même à l’occuper un peu en attendant qu’ils reviennent, à peine ils ont passés la porte de ma chambre que Soline exige d’aller voir son petit frère… On remonte donc à la néonat. On commence par passer dans « la galerie » (petit couloir qui fais le tour du service néonat et qui permet de voir les bébés à travers la vitre sans entrer dans le service) elle le voit demande ce qu’il y a autour de lui, je lui explique que ceux sont des médicaments… Très vite ça ne lui convient plus, elle veut le voir « en vrai ». On fait le tour, elle se plie au rituel de la blouse sans sourciller, elle a le regard émerveillé de voir son frère elle aimerait le toucher, n’ose pas trop, puis se permet une petite caresse sur son pied… Ma chipie se met même à expliquer à l’infirmière qu’autour de Milo ceux sont ses médicaments… Elle lui donne les 2 doudous qu’elle lui a apporté, et puis on fini par repartir. C’est la seule fois où elle verra sont frère…

Après mes parents ceux sont mes beaux parents et ma belle-sœur qui viennent rendre visite à Milo. L’après midi se termine, sans plus de nouvelle, désormais on vie dans l’attente, on attend que les 72h se terminent. On sait qu’ils commenceront à le réchauffer demain mais pas encore vraiment à quel heur ni combien de temps cela prendra. Je reste positive en me disant que ça sera la journée des câlins, je devrais enfin pouvoir le prendre dans mes bras quand il sera réchauffé.

La journée est finalement plus longue que prévu, ils le font remonter en température tout doucement et n’ont commencé qu’à midi, c’est long d’attendre…

Dans la soirée il est enfin possible de le déplacer, on me le met dans les bras avec toute la logistique que cela comporte.

Un peu plus tard on croise un des médecins, le chef de service, la façon dont il nous parle de Milo est quasi sans appel, on comprend bien que même s’il ne se prononce pas lui n’y croit pas du tout, la très désagréable sensation qu’il essai de nous préparer au pire… Un IRM est prévu à 11h le lendemain pour « évaluer les dégâts » voir si son cerveau « fonctionne ».

Le lendemain est encore une longue journée d’attente, nous sommes là au moment où ils l’emmènent pour l’IRM on ne peut pas l’accompagner, il passera finalement son IRM vers 14h il me semble, pendant ce temps on attend… Ensuite le retour des médecins ne se fera que dans la soirée. Et c’est donc ce lundi 11/06/18 qu’on nous explique le plus délicatement possible que Milo ne vivra pas, que son cerveau ne fonctionne pas, que même les reflex du tronc cérébral ne se manifeste pas.

Nous allons avoir la lourde tâche de choisir quand et comment il va « partir ».

Quand on reprend un peu nos esprits on s’offre un câlin chacun en peau à peau avec Milo. Ensuite on redescend en chambre, on demande à voir la sage femme, on voit avec elle pour faire ma sortie dès le lendemain. Le lendemain matin elle me retire mes agrafes et nous partons dans la foulée, nous avons 2h de route à faire pour aller expliqué tout ça à Soline. A notre arrivée elle nous fait un gros câlin à tous les deux, on passe le repas sans vraiment en parler, après le repas on lui explique que Milo ne rentrera pas à la maison, que son cerveau est cassé, qu’il préfère repartir. Elle nous dit qu’elle ne veut pas qu’il reparte, et qu’elle est triste… Elle ne demande pas à le voir, nous ne la ramènerons pas le voir.

Il est déjà temps pour nous de reprendre la route vers St Etienne, nous avons réservé une chambre d’hôtel pour 2 nuits. En arrivant on prend les clés de notre chambre et on retourne direct à l’hôpital.

On se rend tout de suite au près de Milo, et là c’est le choc, on le voit esquisser de petit mouvement… Il bouge un peu les bras, la bouche aussi légèrement. On ne comprend pas, on réagit presque comme si on avait vu un fantôme… Je vais voir une infirmière (pas celle de Milo) tout de suite et lui explique qu’il bouge, elle non plus n’a pas l’air de comprendre, enfin c’est surtout notre réaction qu’elle ne comprend pas, elle finit par nous demander « il ne bougeait pas avant, vous ne l’aviez pas encore vu bouger ? » on lui dit que non, elle nous dit qu’elle nous envoi son infirmière dès qu’elle est dispo, quelque minutes plus tard on la voit, elle nous explique que c’est « normal », que ça ne change rien au « diagnostique », en fait Milo était maintenue sous sédatif jusqu’à la fin de son hypothermie, ils ont arrêté les sédatif pour que l’IRM qu’il avait a passer ne soit pas « faussé » par ça, maintenant qu’il n’ai plus sous sédatif il est possible qu’il bouge un peu, mais ça ne sera jamais plus que ça, et dans tout les cas cela ne change rien aux résultat des test, son cerveau ne fonctionne pas…

A un moment il tentera même d’ouvrir un œil, ça ne sera que l’œil gauche et finalement je ne verrais même pas la couleur des ses yeux…

On rentre dormir, enfin, autan que possible. Le lendemain une grosse journée nous attend, mes parents, ma sœur et son conjoint, mes beaux parents et ma belle sœur viennent voir Milo, cette fois ils auront le droit de rentrer pour l’approcher, lui faire des caresses et des bisous…

Ils arrivent en fin de matinée, on se retrouve dans une petite salle pour les familles mise à notre disposition par l’hôpital pour la journée. On discute, Fred raconte tout ce qu’il c’est passé, de sa naissance au diagnostique, et comment cela se terminera ce soir…
Par petit groupe de 3 nous nous rendons au chevet de Milo, beaucoup de larmes auront coulées. Puis milieu fin d’après midi tout le  repars et nous nous retrouvons là Fred et moi à ne pas vouloir que l’heure tourne, on boit quelques cafés dehors avant de trouver le courage de remonter.

Nous avons prévu de le « débrancher » (je déteste ce mot) vers 19h, avant ça on va le remettre sous sédatif pour que cela soit indolore pour lui, donc vers 18h Fred le prend dans ses bras et on commence à « l’endormir » une fois qu’il est assez détendu on le replace dans son petit lit (vers 18h30-45) et on ressort prendre un peu l’air. On remonte comme on se rendrait à l’abattoir, et à 19h je le prends dans mes bras, l’infirmière lui retire le respirateur, il ne lui reste plus que la perfusion pour le sédatif, elle prend quelques photo de nous trois sans les tuyaux, et elle nous laisse tout les trois, Fred met en route la musique que l’on avait prévu de mettre en boucle sur son téléphone.

Milo mettra une heure à s’en aller.

A 20h il est partit, emportant avec lui tout ce dont il avait besoin, son doudou, son p’tit lange et sa tenue de super héro, pile à l’heure pour prendre la route vers les étoiles…
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Maman d'Aurore

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MessageSujet: Re: Milo, mon petit homme, victime d'un HRP...   Milo, mon petit homme, victime d'un HRP... Icon_minitimeJeu 11 Avr - 8:40

Bonjour Maman de Milo,

Je te remercie de partager avec nous l'histoire de ton petit bonhomme. J'ai les larmes aux yeux à te lire.
Quelle douleur de perdre son petit trésor!
Je découvre au fil des mois que la fin d'une grossesse, malgré le peu d'informations que nous avons, n'est pas sans risque et que notamment les accidents au niveau du placenta peuvent nous enlever nos bébés qui étaient pourtant en bonne santé.
L'histoire de Milo est remplie d'amour, de la part de ses parents bien-sûr, mais également de sa grande sœur, ses grand-parents, ses tantes et oncles. 
Vous l'avez accueilli et accompagné jusqu'à son envol avec tellement de douceur et d'amour, votre petit héros a certainement ressenti tout cela.
Je ne me permettrai pas de te raconter ou t'expliquer comment "vivre" suite à ce drame, car la disparition de mon bébé est plus récente que celle de ton petit homme, je tiens seulement à te dire que je suis sincèrement désolée pour votre petit Milo.
Comment te sens-tu en ce moment? Et ta petite Soline et ton compagnon?

Plein de bisous volants à Milo
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lucette3000



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MessageSujet: Re: Milo, mon petit homme, victime d'un HRP...   Milo, mon petit homme, victime d'un HRP... Icon_minitimeJeu 11 Avr - 10:18

Bonjour Maman d'Aurore,
Merci à toi pour ta réponse et les bisous volants.
Je viens de lire ton témoignage aussi qui m'a beaucoup touchée...
Je pense que de toute façon nous avons toute notre propre façon de "vivre" ou plutôt "survivre" à ce drame. Personnellement il m'a déjà fallu beaucoup de temps pour le réaliser, au début ça allait "pas trop mal" je pensais m'en sortir plutôt bien mais en fait j'étais en "état de choc" selon ma psy, j'étais complètement en mode automatique, coupé de se que je ressentais, et puis plus tard j'ai pris le contre-coup...
Je n'ai pas pu reprendre le travail rapidement comme toi, au contraire j'ai même été arrêté plus longtemps que mon congé mater. Je n'ai repris que fin octobre et encore avec pas mal d'arrêt de quelques jours par ci par là.
Chaque mois du 7 au 13 c'est assez compliqué à vivre surtout en février et mars où les jours de la semaine était les même qu'au mois de juin...
Je fais pas mal le yoyo niveau moral, mais depuis presque un mois j'ai l'impression de "sortir un peu la tête de l'eau" au début je n'y croyais pas vraiment et j'avais peur de la redescente mais finalement ça à l'air d'aller, faut pas croire, je pleure encore beaucoup, presque tout les jours je pense mais c'est différent, je ne saurai l'expliquer, c'est comme si un épais brouillard était toujours là autour de ma tête, peu importe vers quoi je me tourne et qu'il commençait à se dissiper...
Ma fille comprend, enfin elle a l'air, difficile de savoir ce qu'il ce passe dans la tête d'un enfant de presque 3ans, parfois elle me questionne, elle a eu une grosse période où elle posait beaucoup de questions, on essai de répondre au mieux, puis c'est passé et ça revient de temps en temps, elle intègre ça à son rythme mais ce n'est pas tabou pour elle, elle s'autorise à en parler.
Pour Fred c'est compliqué aussi, lui aussi fait pas mal le yoyo je pense, et surtout on fonctionne un peu en vase communicant, c'est à dire que depuis que je me sens un peu mieux j'ai l'impression que c'est lui qui replonge...
Enfin c'est compliqué, mais Soline est là, et pour elle on a pas d'autre choix que d'avancer. Elle a était notre raison de nous lever le matin dans les jours les plus sombre, elle est rayonnante et ne peut que nous redonner le sourire.
Désolé pour le pavé, et encore merci d'avoir pris la peine de répondre.

Bisous volant à ta petite Aurore
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MessageSujet: Re: Milo, mon petit homme, victime d'un HRP...   Milo, mon petit homme, victime d'un HRP... Icon_minitimeVen 12 Avr - 3:22

Merci beaucoup pour ma petite Aurore.
Oui c'est vrai nous avons notre propre manière de lutter et d'avancer dans ce nouveau monde que personne ne souhaite. Le premier mois a vraiment été terrible pour moi, j'avais tellement de colère face à cette injustice (j'en ai toujours mais beaucoup moins).

C'est vrai que j'ai repris le travail assez vite et peut-être trop vite avec le recul. J'estimais au début que je n'avais pas le "droit" de bénéficier d'un congés maternité car contrairement à toutes mes amies, je n'ai pas été capable de protéger mon bébé et le ramener à la maison; ensuite je voulais reprendre un certain contrôle sur ma vie et ne pas attendre/subir la date de fin de mon congés mater. Seulement à peine à 1,5 mois après l'accouchement, je n'étais absolument pas prête physiquement (le moral on en parle pas) et j'ai d'ailleurs appris ce mois là que je faisais une rétention placentaire nécessitant un curetage. Je savais que malheureusement pour moi, j'étais beaucoup plus utile au travail mais je pense que j'aurais dû prendre plus de temps pour moi, pour mon mari qui était en congés en plus. 

C'est vraiment bien si Soline peut parler de son petit frère quand elle le souhaite, il fera toujours partie d'elle et de son histoire. Elle doit être un vrai rayon de soleil Smile 
Les réveils ont été très compliqués pour moi aussi et le sont toujours d'ailleurs. J'ai sans arrêt cette petite voix le matin qui me dit: mais pourquoi tu te lèves, ta fille n'est plus là! tu trouves que cela sert à quelque chose? Je traîne beaucoup avant de me lever...
Oui je comprends l'histoire des vases communicant et cela prouve que vous êtes attentifs l'un envers l'autre, c'est tellement important. Avec mon mari, on a développé inconsciemment une forme d'hyper protection lol, on a toujours peur l'un pour l'autre.

Cela va bientôt faire 1 an que ton petit Milo est né. Vous prévoyez de faire quelque chose en ce jour particulier?

Ne t'excuse pour le pavé, j'en ai fait autant Wink 

Bisous à nos anges
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MessageSujet: Re: Milo, mon petit homme, victime d'un HRP...   Milo, mon petit homme, victime d'un HRP... Icon_minitimeVen 12 Avr - 4:57

Oui c'est sur, on arrive toutes dans cette tempête avec notre vécu et notre histoire qui conditionne la façon dont on y réagi et dont on "vit notre deuil"...

Je comprends complètement le sentiment de culpabilité du congés mater sans bébé, je l'ai bien ressenti moi aussi, c'est ce même sentiment de culpabilité qui m'a fait reprendre alors que je n'étais pas forcément prête, en même temps l'aurai-je étais un jour ?...  confused

Ha oui, les réveils... moi aussi je "traîne" le matin dans mon lit, j'ai gardée avec moi l'un des 2 doudous de Milo, je dors chaque nuit avec et le matin j'ai besoin de prendre le temps de lui faire des câlins avant de me lever...

Bientôt un an... cela me choque presque de te voir écrire ça... je vis complètement au jour le jour depuis et je ne suis pas capable de prévoir grand chose, pas aussi loin...
Il va déjà y avoir l'anniversaire de ma fille qui fêtera ses 3 ans le weekend prochain et même pour ça, pour l'instant rien est prêt... Elle aura une super fête d'anniversaire ne t'en fais pas, on le fera chez sa mamie et les invités sont prévenus mais niveau organisation ça se fera encore à la dernière minute... Rolling Eyes (je ne travail pas le vendredi après midi et elle est à la crèche, ça me laissera un peu de temps pour préparer...  Wink)
Mais pour l'instant je n'ai aucune idée de ce que l'on fera pour son premier anniverciel...

Bisous à nos anges  bec
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MessageSujet: Re: Milo, mon petit homme, victime d'un HRP...   Milo, mon petit homme, victime d'un HRP... Icon_minitimeVen 12 Avr - 14:27

Bonjour maman de Milo,
Je suis très touchée par ton histoire car moi aussi j'ai fait un HRP et perdu mon petit bonhomme Alvyn à 32 SA  le 18 janvier 2019.ça fera bientôt 3 mois, j'ai toujours dû mal à l'accepter. Chaque matin je me demande si ce n'est pas juste un cauchemar. Mais non, l'infirmière frappe à la porte pour me rappeler qu'il faut aller au traitement...
J'ai commencé à avoir des contractions douloureuses 10 jours avant son décès. Je ne l'ai pas pris au sérieux car chaque fois la douleur finit tout seul avec la prise de spasfon. J'ai eu une première grossesse parfaite il y a 8 ans et je travaillais jusqu'à mon congé mat. Donc je suis confiante de pouvoir travailler jusqu'au dernier jour convenu avec mon hiérarchie (le 18 janvier) malgré ces contractions douloureuses.
Le 18 janver, comme d'habitude je fais des séances de formation avec mon remplaçant. Vers 13h les contractions sont revenues, j'ai même fait une blague avec une de mes collègues. C'est bizarre ces contractions, ça me rappelle des contractions de travail il y a 8 ans. Mais non je ne vais pas accoucher là quand même!! Je pars en congés dans quelques heures. 
A 15h, moi et mon remplaçant sont allés dans une autre salle de réunion pour pouvoir accélérer la formation. A 15h15, je sentais que queques chose qui tombait à l'intérieur de mon corps et que le liquide chaud coulait. J'ai touché mes pantalons. J'ai le sang dans la main...
Les collègues ont appelé le samu et à 17h10 on arrivait à l'hôpital le plus de mon boulot. En arrivant à l'hôpital, obstétricien m'a annoncé que son cœur ne battait plus...le travail a commencé en même temps. A 19h01 Alvyn est né. Il est magnifique qui ressemble beaucoup à son papa. Mais il n'a jamais ouvert ses yeux pour voir ses parents...
Là ça fait deux mois que je suis dans un hôpital psychiatrique car l'accident tourne en rond tous les jours dans ma tête. Je n'arrive pas à comprendre comment c'est possible que un bébé peut partir en moins de deux heures. Je n'arrive pas à  me pardonner. J'aurais dû aller voir le médecin plus tôt. J'avais un rdv chez a médecin généraliste le mardi 15 janvier mais je l'ai annulé à cause du travail et repoussé pour le samedi 19....
Depuis le décès d'Alvyn, je me sens très coupable car je suis une mauvaise maman. Je n'ai pas écouté les médecins généralistes pour arrêter plus tôt car j'ai 2h de route tout les jours...Je me sens que c'était moi qui a tué mon fils que j'attendais si longtemps...Je n'arrive pas à débarrasser cette culpabilité malgré les médicaments antidépresseurs et les entretiens avec la psychiatre. Je suis morte à l'intérieur après son départ...
Tendres pensées à ton petit Milo
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lucette3000



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MessageSujet: Re: Milo, mon petit homme, victime d'un HRP...   Milo, mon petit homme, victime d'un HRP... Icon_minitimeMar 16 Avr - 11:37

Bonjour inp2014,
Je suis sincèrement désolé pour la perte de ton petit Alvyn. Je comprend tellement ta peine et se sentiment de culpabilité avec lequel tu vis, les circonstances ne sont pas les même entre nos deux histoires, mais cette culpabilité de n'avoir su faire vivre cet enfant est tellement présente pour moi aussi...
C'est si facile de se refaire le film à l'envers lorsqu'on en connaît la fin, de voir chaque détails qui "aurait dû" nous alerter...
Le départ de ton ange est encore tellement récent, il faut du temps pour commencer à digérer je pense. 
Cela ne t'aidera surement pas, mais saches que ces moments tourne aussi souvent en rond dans ma tête, seulement au fils du temps les sentiments qui y sont rattachés change, et cela deviens légèrement plus supportable...
2h, ça paraît peu mais c'est tellement long en même temps...
L'obstétricien m'avait expliqué que dans ces situation là (HRP avec décollement du placenta), pour eux ils devaient sortir le bébé en moins de 5min pour qu'il est de bonne chance de survie... Dans mon cas cela à pris 7 ou 8min, alors que j'étais sur place avec tout le personnel autour de moi, et cela n'a pas suffit... 
C'est très compliqué, et surement encore trop tôt pour toi, mais je pense qu'il y a une sorte de "fatalité" à accepter, réussir à accepter que l'on est malheureusement pas "tout puissant" et que l'on a finalement aucun contrôle sur tout cela...
Je pense à toi, à ton ange Alvyn, et espère que tu trouveras bientôt la force dont tu as besoin pour te relever...
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Cerise



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MessageSujet: Re: Milo, mon petit homme, victime d'un HRP...   Milo, mon petit homme, victime d'un HRP... Icon_minitimeMer 17 Avr - 18:09

Toutes mes pensées vont vers vous et vos bébés.
   Je sais que trop ce que vous ressentez...j'ai moi aussi comme nous toutes ici perdu un enfant, le mien est décédé il y'a plus de 8 ans...
   Il est mort deux fois, 2 fois dans mes bras...la première, un arrêt cardiaque contre moi sur le chemin de l'école...une fois rentrés avec mes deux petits, je réalise que mon petit ne s'était pas endormi comme d'habitude au sein mais qu'il était en arrêt...j'ai appelé les pompiers en faisant un massage cardiaque avec ma petite de 2 ans avec moi...
   Le temps m'a paru une éternité, je me croyais dans un cauchemard tout en gardant mon sang froid bizarrement. 
   Les pompiers, le Samu, le Samu pédiatrique, tout le monde étaient là pour le réanimer, les uns prenant le relais des autres...d'après le contenu, 30, 40 mn d'arrêt...
   Une copine, voisine, également maman d'école était venu présentant qu'il pouvait s'agir de nous...elle s'est occupée de mes filles ensuite...mes parents ont pris la relève dans la nuit.
   Je me suis retrouvée 5 jours en réa...jour comme nuit, j'ai dormi à peine 2 heures en 5 jours. Mes filles venaient voir leur frère en réa tous les jours et me voir aussi. Ma dernière avait pour habitude de téter toute les nuit, elle avait passé 48h avec moi et son frère pour ma césarienne et voilà que je l'ai laissé durant tout ce temps...
   Evidement j'ai privilégié mon dernier bébé, l'idée ne m'a pas effleuré et s'est imposé à moi. il était en comas profond, sous respirateur, j'ai dû attendre qq jours pour enfin l'avoir dans mes bras à nouveau...des séries de plusieurs heures interrompus pour aller aux toilettes, tirer mon lait pour ne pas m'engorger et me rendre un peu en salle d'attente quand mes filles arrivaient avant de les accompagner en réa.
    Il est mort une deuxième fois dans mes bras...après diminution progressive de la noradrénaline qui soutenait son coeur. Après 3 électro- encéphalogrammes sombres, pour ne pas dire plat avec un épisode épileptique...il a fallu le laisser partir.
    Il est mort un dimanche, les médecins m'ont annoncé qu'il n'y'avait rien à faire le jeudi...j'ai répondu que je serai raisonnable , que je ne voulais pas qu'il souffre,que je l'aimais.
    C'est tellement terrible d'accompagner son enfant vers la mort...j'étais sans doute dans un état second et très malheureuse, c'est sure.
     Mon bébé, mon tout petit, en si bonne santé qq minutes avant...C'est incroyablement cruel et brutal. Je me souviens avoir demandé à l'infirmière comment il allait faire sans moi...je me parlais à moi même. Je vis une relation tellement fusionnel avec mes bébés que bizarrement alors qu'il allait mourrir, je m'inquiétais de ne bientôt plus être avec lui, lui si dépendant...si petit, toujours accroché à moi.

     J'ai survécu de longues heures, semaines, mois...pour mes filles que j'élève seule. Je n'avais d'autres choix que de vivre pour elles....au début j'étais obsédé par lui, il me manquait trop...je pensais à lui chaque seconde...puis chaque minute.
     Un jour j'ai réalisé que je n'avais pas pensé à lui durant une heure...les années ont passé, il était moins obsédant, j'étais enfin concentré sur ce que je faisais, que ce soit l'histoire que je racontais à ses soeurs que la pâte à crêpes que je faisais.
     J'avais toujours cette tristesse infinie. Je me sens toujours triste d'un certain point mais depuis qq années, je ne survis plus...je vis à nouveau 
     j'ai appris au fil du temps à apprivoiser mes sentiments, mes émotions, le manque que j'ai de lui. La tristesse, la culpabilité que j'ai pu éprouver par moment même si nous n'y sommes pour rien et qui fait partie intégrant du deuil. Deuil qui dure une vie. on ne ne peut pas faire le deuil de son enfant mais vivre avec.
    Quand on me demande combien j'ai d'enfants, je réponds 5 car il est là dans ma tête et mon coeur. Je précise ou non selon mon envie, le contexte.
    Il est ma force et ma faiblesse  à la fois.

    J'ai été longtemps sur ce forum qu m'a bien aidé...j'avais du mal à croire que le temps appaisait les choses...et si. c'est réel.

    La naissance de son petit frère m'a aidé également, mais cela restera une blessure,une amputation d'une partie de moi, de mon coeur de maman.
    
     J'ai choisi de refaire confiance en la vie...mon dernier enfant a été mon bébé espoir. J'ai vécu sa grossesse différemment;rien était jamais acquis et rien ne le sera jamais. 
     Il aura bientôt 7 ans, il est son petit frère.

   plein de courage à vous!!!L'humain et les mères surtout sont pleines de ressources qu'elles ne soupçonnaient pas.
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