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 Gabriel(le) ma petite étoile filante

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Marmotte1324

Marmotte1324

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Ange(s) : Jean Nicolas
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MessageSujet: Gabriel(le) ma petite étoile filante   Gabriel(le) ma petite étoile filante Icon_minitimeJeu 11 Déc - 17:39

Bonjour à toutes et à tous, oui oui il y a quelques papas qui nous lisent a l’occasion j’en suis certaine. Je profite de l’anniversaire de mon ange Jean Nicolas (5 mois ce n’est pas rien) pour vous raconter l’histoire de son grand frère ou de sa grande sœur. C’est mon premier coup de foudre de maman et mon premier deuil d’un petit bébé en santé.

Gabriel(le) mon étoile filante

J’écris toujours Gabriel(le) car je ne connais pas le sexe de mon premier petit ange. Cette information restera à jamais un mystère pour moi.

J’ai appris que j’étais enceinte de mon premier enfant le 17 juin 2006 après 6 ans d’infertilité. Tout de suite après, sachant que j’avais déjà fait du diabète de type 2 et que je ne prenais plus mes taux depuis plusieurs années, j’ai voulu rencontrer un médecin pour qu’il me prescrive au moins le glucomètre.

J’ai frappé mon premier mur médical de plein fouet. Mais non rien ne presse madame attendez votre rendez-vous de la 13e semaine. Et voilà le premier ‘’j’aurais donc dû’’ de ma jeune carrière de future maman.

Mais oui les cliniques sans rendez vous ça existe, j’aurais pu faire ma tête de cochon et foncer mais je ne l’ai pas fait. Je ne crois pas que j’aurais pu sauver mon bébé mais j’aurai toujours un petit doute qui persiste.

Je suis donc restée chez moi et j’ai commencé un régime alimentaire strict de diabétique comme je les faisais lors de mon diagnostique quelques années auparavant. Quatre merveilleuses semaines de pur bonheur ont passé, je n’avais même pas mal au cœur!!

Puis un bon matin, lundi le 17 juillet pour être précise, je commence à saigner, c’est léger au départ mais je commence quand même à paniquer. Je me rends à la clinique sans rendez-vous près de chez moi, on me fait un examen du col et on me dit que tout est ok de simplement me reposer et que ça devrait se passer. Je réponds que je commence mes 3 semaines de vacances et que je vais être super sage!

Cet après midi la nous sommes allés chez mes parents, en arrivant je me rends compte que les saignements ont augmentés, alors je décide de me rendre directement à l’hôpital le plus proche.
C’est une journée d’été extrêmement chaude et nous sommes saisis à l’entrée de l’hôpital par l’écart de température, il doit faire 15 degrés dans la salle d’attente (Il n’y a que ça qui fonctionne dans ce bel hôpital neuf). J’ai seulement un t-shirt et je gèle.

Au triage on me classe dans les cas presque urgents. Sur une échelle de 1 à 5 je suis de priorité 2. Je me dis que ce ne sera pas trop long 2-3 heures au pire. Erreur, c'est seulement 13 heures plus tard (il est 5 heures du matin) que je suis reçue par le médecin de garde. À ce moment là, je crois bien avoir épuisé toutes les larmes de mon corps, grave erreur de ma part, les larmes c'est une ressource inépuisable.

Je suis épuisée, on me fait à nouveau un examen du col et il est encore super fermé (mais je perds tellement de sang). Le médecin me donne une prescription pour une échographie d’urgence dans 3 jours. On me fait une prise de sang pour connaitre mon groupe sanguin (même si je me tue à leur dire que c’est O+). Puis le médecin quitte la salle me laissant à moitié nue sur la table d’examen. Quinze minutes plus tard mon conjoint va aux nouvelles… pour savoir si je peux au moins me relever car j’ai super mal au dos sur leur civière et il se fait dire ‘’ comment vous n’êtes pas partis??’’ Bin non tsé, un petit vous pouvez vous rhabiller madame c’est tu trop demander??

Je me rhabille donc et nous quittons l’hôpital avec la prescription sans savoir rien de plus que lors de notre arrivée. Une prise de sang pour le taux de HCG c’était trop demander peut-être?? À l’époque je ne savais pas que ca existait mais eux ils auraient dû y penser non?


Je retourne donc chez moi l’âme en peine et pas rassurée du tout. Je dors par intermittences jusqu’au lendemain matin.

Le mercredi je commence à avoir des crampes, légères au début puis de plus en plus fortes. En fin d’après midi ne tenant plus en place et saignant de plus en plus je me rends à l’hôpital encore une fois. Ce n’est pas le même que la veille au matin puisque l’autre hôpital est près de chez mes parents mais plutôt loin de chez moi.


Si c’était à refaire jamais je ni serais pas allée en voiture, mes crampes sont si violentes que je ne peux pas m’assoir, je suis si faible (ca fait 3 jours que je saigne abondamment et que je ne mange pas) que je ne peux me tenir debout et la salle d’attente est bondée. Je demande naïvement si je peux m’allonger à quelque part. On me répond de m’assoir dans la salle d’attente. Je commence à voir des étoiles et tout tourne autour de moi alors pour ne pas tomber je m’allonge par terre dans le corridor.

Deux secondes plus tard, l’agent de sécurité fonce sur moi pour m’enlever de là (faut dire que dans ma confusion je n’avais pas choisi le meilleur endroit, il y a mieux que devant les portes battantes ça je lui accorde) et il réalise enfin que ca va pas du tout (il n’est pas trop tôt). Il m’aide à me relever et m’amène dans un petit salon ou je peux enfin m’allonger.

Quelques minutes plus tard la folle qui fait l’accueil passe par la et me voit, elle me passe un savon en me disant que je n’ai pas le droit d’être là, elle ne me laisse pas dire un mot mais bon elle se calme à l’arrivée du médecin qui accompagne l’agent de sécurité.

Je suis à la limite de l’hémorragie mais comme mes signes vitaux sont encore acceptables, on me place sur une civière et on vient me voir aux 10 minutes. Comme je dois me lever pour changer de serviette fréquemment et que je ne veux pas faire ça sur ma civière dans le corridor on me stationne juste à coté des toilettes.

Quelques heures plus tard les crampes et les saignements se calment et on me dit que je peux rentrer chez moi. Ils savent que je dois passer une écho le lendemain et ils me disent de ne pas trop me faire d’illusion mais qu’il y a encore un mini espoir puisque je n’ai pas perdu de caillot. On me parle aussi de la possibilité d’une grossesse jumélaire dont l’un des deux bébés n’aurait pas survécu. Mais on ne me fait toujours pas de prise de sang pour vérifier mon taux de HCG. Avec le recul, j'ai bien l'impression que mis à part moi et mon conjoint, personne ne croyais qu'il y avait le moindre espoir.

Jeudi 13 heures je suis complètement épuisée, je pleure depuis 4 jours et je perds toujours beaucoup de sang et je suis dans la salle d’attente du premier hôpital pour avoir mon écho. 2 heures plus tard alors que j’ai la vessie sur le point d’exploser, on m’appelle.

Ca ne fait pas 2 minutes que je suis là que la technicienne me dit je ne vois rien il ne reste que des débris. Mon cerveau fait 3 tours… c’est de mon bébé qu’elle parle elle, c’est mon bébé qu’elle traite de débris??? Elle me tend une boite de kleenex, elle me dit de prendre mon temps et elle se pousse…

Décidément pour les instructions ils ne sont pas trop forts dans cet hôpital. Je fais quoi moi avec mes débris… un an et demi plus tard le mot me fait encore mal.

Aujourd'hui je sais que quand on veut voir un bébé on prescrit une échographie fœtale et non une échographie pelvienne, avoir su ca à cette époque j'aurais compris. C'est peut-être ce qui explique le comportement de la radiologiste. Je dis bien peut-être, je lui accorde le bénéfice de doute et j'ose espérer qu'elle pensait que je savais déjà que mon bébé n'était plus.

Je vais donc voir la réceptionniste avant de quitter pour savoir ce que je peux prendre contre la douleur.
Elle me demande de combien de semaines j’étais enceinte, je lui réponds 9… et elle me dit que je vais avoir besoin d’un curetage et que je ne peux pas quitter comme ca! Première nouvelle... il n'y a pas comme un manque ici?

Elle m’envoie à la clinique externe de l’hôpital pour voir un gynéco d’urgence, j’attends encore (pour faire changement) plusieurs heures et je suis finalement admise pour ma chirurgie à 1h du matin. Vers 2h du matin je reviens à ma chambre un petit lunch m'attends (moi qui pensais qu'on ne devait pas manger après une chirurgie), je n'ai pas très faim mais comme je n'ai rien avalé de la journée je me laisse tenter. Le sandwich est pas mal quoi que un peu sec mais le petit contenant de lait est caillé. SUPER!

J’ai eu une anesthésie générale pour mon curetage, d'après mes lectures récentes je m’aperçois que c’est extrêmement rare, mais bon moi on ne m’a jamais proposé autre chose. Un jour je vais me décider à poser des questions à ce sujet mais pour l'instant j'essais d'oublier.

Après la chirurgie à mon premier lever, une infirmière m’a accompagnée jusqu’aux toilettes et elle m’a laissée là… pour aller voir une autre patiente quelques instants. J’ai fait un petit choc vagal et je suis tombé tête première sur mon poteau de soluté. J'ai eu plus de mal a me remettre de ma chute que de mon curetage et encore aujourd’hui j'en garde une mini cicatrice sur la joue gauche.

En moins d’une semaine je suis passée de future maman comblée à loque humaine épuisée. Une chance qu’il me restait encore 2 semaines de vacances.
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