Voici ce qui m'est arrivé (en détail)...
J'ai eu une grossesse sans problème physique (un peu de haute pression vers la fin, mais rien de dramatique)Psychologiquement c'était plus difficile (j'avais un trouble d'adaptation à la grossesse) qui a fait en sorte que j'ai arrêté de travailler vers 24 semaines de grossesse. J'étais comme en dépression...Je pleurais, je faisais de l'insomnie chronique. Bref ce fut assez éprouvant. Je n'aimais pas être enceinte, j'avais hâte que ma fille vienne au monde pour qu'elle soit plus en sécurité...Finalement le 21 juin (40sem. 5/7) à 10:15 am j'ai une contraction. Elles se succèdent aux 5 minutes dès le début. C'est le grand jour, je suis sereine. C'est le premier jour d'été, il fait beau. À 17h04 ma puce est sur moi. 6lbs1 18pouces 1/2. Elle est parfaite elle a un apgar de 10.
L'allaitement a été difficile au début, ma puce a perdu beaucoup de poids. On s'en rend compte à temps et tout va bien. Dans la nuit du 2 juillet je suis fatiguée. J'ai mal aux seins (je soupçonne que j'ai un canal de bloqué) elle boit aux 1/2 heures je suis à bout. Je, perds un peu patience. À 3h30 am elle n'a plus faim. Je la donne à son père pour son rot. Il me dit d'aller dormir un peu, il va l'endormir...Je me réveille en sursaut à 7h05, je me précipite pour aller voir ma fille...Je ne sais pas pourquoi, mais je panique, je sens qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Elle a les yeux mi-clos elle est inerte. On la prend, elle n'a aucune réaction...j'appelle le 911, mon chum tente de la réanimée. À ce moment je perds contact avec la réalité, je sais que ma vie vient de basculer. Le gars du 911 me dicte quoi faire, je fais les messages à mon chum (qui vient tout juste de suivre son cours de RCR) Je m'entête à lui dire à ce monsieur que mon bébé est mort!!!Je suis complètement hystérique. Je cours dans la rue pour voir arriver les ambulanciers...à leur arrivée je me réfugie parterre dans sa chambre et je me met à hurler que ma fille est morte...Mon chum vient me rejoindre on crie...ma mère arrive. Il y a ma sœur , ma tante et des policiers plein la maison. J’hurle à pleins poumons « ramenez-moi ma fille » On veut questionner mon chum, ils ne veulent pas qu'il quitte pour l'hôpital. La panique s'empare de nous, on a peur d'être arrêté, comme si on avait pu faire du mal à notre princesse, c'est insensé! Finalement ma mère ma sœur , et ma tante parlent avec les policiers. Ils réalisent que c'est un accident. À l’extérieur il y a des journalistes qui posent des questions aux policiers. Mon oncle veut se battre avec eux. Je vous jure, c’est un vrai cauchemar, tout nous semble irréel. Il fait beau, le soleil est aveuglant. On nous amène en ambulance, on va la rejoindre...À notre arrivée le verdict tombe,...je crie, j'hurle...Je me bouche les oreilles pcq je ne veux pas entendre le docteur parler. On nous propose d'aller voir notre fille, au début je ne veux pas. J'ai peur de la voir morte. L’agent pastoral de l’hôpital vient nous voir. Ma mère l’engueule comme du poisson pourri, elle lui dit « Dites donc à votre Dieu de nous aimer un peu moins fort, on l’emmerde. S’il est si bon, pourquoi elle est morte? » Un travailleur social se mêle de la partie, mais lui, il ne dit rien (mais je crois que c’est pcq il ne parlait pas français) Les policiers sont à la porte de la chambre, on se demande ce qu’ils font là. On nous explique qu’ils sont là au cas où on sauterait une coche, ou qu’on tente de partir avec le corps d’Anne-Gabrielle. Ma mère m’a dit plus tard que les policiers étaient en larmes également. Finalement, 15 minutes plus tard, après avoir parlé, on décide d'aller voir notre trésor. On m'amène en chaise roulante la rejoindre et on la berce ...elle est froide, raide. Je ne cesse de lui répéter que je l'aime, je ne veux pas la laisser partir. Il y a tant de choses que je voudrais lui dire, mais je suis pétrifiée. Elle commence à avoir une teinte plus bleutée, alors je ne sais pas comment je fais, mais je la dépose sur le lit et on sort de la chambre. Je laisse ma fille derrière moi. Je suis en morceau, j'ai perdu contact avec la réalité. Nous sommes transférés dans un hôpital pour adultes et traités pour un violent choc nerveux. Je me promenais dans le corridor de l’hôpital comme une zombie, j’avais mon chandail taché de lait, puisque j’allaitais ma fille. Les gens me regardaient avec un drôle d’air. On a rencontre la psychiatre de l’hôpital, qui nous a dit qu’on avait 50% des chances de se séparer, mon mari et moi, dans l’année qui suivrait le décès de notre fille. Merci! Nous sommes forts et notre couple à survécu. Je me souviens que tout le long qu’elle nous parlait, je me disais que c’était un cauchemar, que j’allais me réveiller…et bien non…Il y a un an et 5 mois que ma fille nous a quitté. Elle me manque tant…Mais je commence enfin à faire la paix avec notre histoire.
Tu peux enfin marcher sur les étoiles, ma petite fée d'amour
Maman qui t'aime de tout son coeur