Bonsoir,
J'ai besoin de raconter mon histoire ce soir.
Le 13 octobre mon mari rentre à la maison, tout va bien. Il m'a acheté mon huile de douche préférée à l'amande de chez l'occitane. Je me lave. J'ai un peu mal au ventre mais je me dis que tout va bien mon utérus grandis 24 semaines de grossesse.
La semaine précédente nous avons su que c'était un garçon, nous l'avons vu bailler le plus beau moment de ma vie.
Je m'allonge, j'ai un peu mal sans plus, détente, câlin. Nous mangeons, les douleurs s'intensifient...
Je pense prendre un spasfon, mon mari me prie d'appeler la clinique. Je m'allonge, je respire, je me détends.
Je sens quelque chose en bas. Je vais aux toilettes (désolée) du sang rouge pas beaucoup mais...
J’appelle la clinique, ils me disent de passer pour un contrôle.
en sortant de l’appartement, un pressentiment, je comprends que mes douleurs sont des contractions et que je ne reviendrai pas de si tôt.
Arrivée à la clinique, la sage femme regarde mes saignement : ah d'accords! Rien de rassurant.
La gyneco arrive, echographie, je regarde le coeur de mon petit bout il bat, je lui demande si tout va bien elle me répond oui TOUT VA BIEN POUR L'INSTANT.
Waw, je peux pas décrire ce que j'ai ressenti !
Deux minutes plus tard, fauteuil roulant, la sage femme tremble en préparant des seringues, la gyneco crie dans le couloir au téléphone.
Deux minutes plus tard au moins dix personnes dans la salle. Madame, vous faites un hématome retro placentaire votre vie est en danger et celle de votre bébé aussi. Je comprends qu'on m'a donné un calmant, je suis zen, j'écoute, oui, oui, vous avez compris oui.
Mon mari dis non, la dame lui demande s'il comprends le français (le racisme) mon mari typé arabe comprends très bien le français puisqu'il l'est ! C'est juste qu'il comprends pas comment en une soirée il peut perdre son bébé et peut être sa femme!!!!!!!!!!!!!
Votre bébé n'est pas entièrement formé, on peut essayer de le sauver mais on est pas sur d'y arriver. J'entends mon mari répéter encore et encore il faut sauver ma femme. Je suis d'accord, je suis zen, je comprend rien mais je lui fais confiance à mon homme.
On me transfert des bluets (paris12) à Trousseau, un couloir les sépares, intuition féminine?
Dans la salle, au moins 20 personnes, dont une jeune fille dont je n'oublierai jamais le regard de peine. J'ai compris, je vais perdre mon bébé!
Madame, avez-vous des enfants, NON.
Nous allons essayer de vous faire un accouchement naturel, d'accord, je comprends pas je suis choutée par leurs médocs.
J'ai mal, atrocement mal, on me donne de la morphine à injecter comme je veux. Mais ayant pris l'habitude de ne pas prendre de médicament, j'ai peur de faire du mal au bébé. Je ne comprenais rien.
Je répétais sans cesse, je ne veux pas de césarienne.
On me donne un masque ou je peux respirer, je vois la vie en rose, j'adore.
Une sage femme rentre, je dors, madame on va vous rompre la poche des eaux, le travail est trop long, Monsieur attendez dans le couloir.
Je passerai les détails, je hurle, hurle, mon mari entre leur demande d’arrêter.
Je pleure, pourquoi moi, je commence à comprendre, je dois accoucher c'est trop tôt.
ÉQUIPE DE JOUR
Maintenant, j'ai le droit à la péridurale, je tremble, tremble, j'ai peur. Mes douleurs sont enfin soulagées.
JE NE VEUX PAS DE CÉSARIENNE, je le dis à chaque personne qui entre.
Le gynéco arrive, il me fait une écho, le bébé est mort, je n'y pense pas, je pleure avec mon mari, je rigole, je pleure, je comprends.
Je veux qu'on appelle ma mère, ma mère prend la relève de mon chéri.
Je dors, surveillance toutes les 2 heures au bout de 36 heures, on m'annonce une césarienne, je suis au bord du gouffre, je ne veux pas voir cette cicatrice et me rappeler ma douleur, mon fils, non.
J'insiste, j'attendrai le temps qu'il faudra.
Le directeur du service arrive, me donne un autre déclencheur d'accouchement et là miracle dilatation de 1cm depuis 36 heures et hop 2 3 4 6;
6 accouchement imminent, je perds tout mon courage j'appuie de toute mes forces sur la péridurale. Je veux rien sentir, rien voir (j'ai pas cette force), le bébé est là, je le sens.
LIBÉRATION, douleur, pleurs, soulagement.
Je sors de l'hopital 24 heures après l'accouchement en insistant vraiment.
A la sortie, poussettes, bébés, je réalise enfin ce que je viens de vivre, c'est atroce! Mon bébé est mort à 24 semaines, pourquoi, pourquoi ?! Dans la voiture, je pleure mais ça n’apaise pas ma douleur.
Ça fait un mois, je réalise petit à petit. J'ai mal mais j'essaie de ne pas me laisser aller. J'ai peur de la prochaine grossesse, 9 mois c'est long, mon bébé avait 6 mois. Est ce que j'aurai la force?