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 La douleur de vous perdre

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verodemers

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Ange(s) : Philippe & Alexandre, jumeaux identiques
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Le : Dimanche 16 mai 2010
Date d'inscription : 18/05/2010

MessageSujet: La douleur de vous perdre   Lun 24 Mai - 12:39

À mes deux chers amours de mon cœur,



Pas une seule seconde ni un seul instant je n’ai pas pensé à vous deux. Je vous ai parlé longuement ce matin et aussi cet après-midi. Je me sens déchirée par en-dedans, dépossédée de mes deux bébés, de mes deux garçons. J’ai de la difficulté à m’imaginer vivre sans vous mes amours, bien que c’est ce qui se passe depuis dimanche dernier. C’est totalement irréel; j’aurais tant voulu que vous restiez dans mon ventre à tout jamais; j’aurais tant voulu vous chérir et vous aimez sans ressentir la peine que j’ai en ce moment en pensant à vous deux. Vous me manquer terriblement; papa a aussi immensément mal; je le sens dans ses gestes et je le vois dans ses yeux. Il tente d’être fort pour moi et pour vous deux, tel un bon père de famille, comme il l’aurait été pour vous. Papa a une très grande sensibilité et une immense réserve d’amour. J’ai été heureuse, fière et comblée de vous porter en moi; je me sentais forte de vous offrir en cadeau à l’homme de ma vie, à votre papa adoré qui était tellement fier et emballé de ses deux petits jumeaux. Vous avez des parents qui s’aiment très fort et je crois que c’est ce qui nous permettra d’être un jour heureux, mais tellement moins insouciants, égoïstes et innocents qu’avant. Vous nous avez beaucoup appris mes bébés, mes garçons; votre venue ainsi que votre départ ne fut pas en vain. Je ne comprends toujours pas la raison de votre mort; je ne comprends pas pourquoi c’est à NOTRE PETITE FAMILLE que tout ce mal arrive. Je ne sais pas de quoi je suis punie; je n’ai pas l’impression de m’être trompée ou d’avoir eu tort à ce point. J’ai d’immenses regrets et plein de questions qui restent sans réponse. J’aurais voulu pu faire quelque chose pour vous sauver et ainsi vous garder auprès de nous. J’aurais été prête à mourir pour vous, à me faire découper en morceaux pour autant que vous ayez été en vie. Ça me fait mal d’avoir réalisé que je vous portais autant d’amour qu’au moment où j’ai perdu mes eaux. Ce moment, je ne l’oublierai jamais. Ça me fera toujours aussi mal, j’en resterai autant traumatisée. J’ignore comment vous vous êtes senti à ce moment, si vous avez eu mal, si vous étiez paniqués… Je sais, par contre, que nous étions ensemble tous les quatre et que papa nous aimait tous énormément car il roulait très vite vers l’hôpital pour que les médecins puissent faire des miracles pour vos petites vies si fragiles. Je vous prenais pour acquis. Bien que j’étais remplies d’énormes peurs et inquiétudes, jamais au grand jamais je n’aurais cru que nous en serions rendu là. Je vous voyais vivants jusqu’à la dernière minute, même si j’avais très mal de vous savoir mal en point et peut être décédés. Papa aussi y a cru jusqu’à l’écographie de dimanche 11H00 et même aussi après. Il était persuadé que le médecin avait fait une erreur même si nous vous avions vu sur l’écran, sans aucun battement de cœur ni de liquide amniotique.

Nous avons franchi une autre étape ce matin. Nous sommes allés au centre funéraire pour régler tous les arrangements pour votre décès. Ce fut difficile, mais nous avons continué et ce n’est pas parce qu’on ne pense pas à vous. Je me sens parfois coupable de me sentir un peu mieux. Je me sens mal de rire parce qu’on dirait que ce n’est pas moi qui rit; je me sens comme un robot, une automate. Je sais que je dois bien aller et c’est ce qui me pousse à faire des petites choses à chaque jour en votre mémoire. Je veux que vous me voyiez forte malgré le mal atroce que je ressens. Je vous sens avec moi constamment. Je vous aime et je vous sers tendrement dans mes bras en vous donnant mille et un bisous. Papa aussi vous embrasse et vous sers contre son cœur mes précieux amours.
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