Bonjour tout le monde,
cela fait un moment que je lis vos témoignages, et c'est seulement maintenant que je me décide à écrire mon histoire.
Il y a 4 mois, on m'annoncé que mon petit lulu, bien au chaud dans mon ventre depuis 5 mois, avait une malformation au coeur.
Nous étions si fiers et très heureux d'avoir un petit garçon, surtout ton papa! Notre premier enfant, le premier petit-fils des 2 cotés... si attendu.
Mais la vie n'est pas parfaite... Une semaine après nous avoir annoncé que tu étais un garçon, on m'annonce que tu as une malformation au coeur et qu'il faut que je passe une amniocentèse au cas où... le gynécologue m'annonce qu'il faut penser au pire : l'avortement. Des mots qui me font mal encore aujourd'hui. En attendant l'amniocentèse nous allons voir un spécialiste (cardiologue-pédiatre) pour nous confirmer la malformation au coeur et le diagnostique vital. Le spécialiste nous confirme ta malformation mais nous donne l'espoir pour la suite en nous disant que c'est opérable à la naissance, si bien sûr il n'y a rien d'autre. Je passe l'amniocentèse, et l'attente commence, interminable mais nécessaire pour être rassuré.
Et ce mardi matin, je me suis levée avec un très mauvais pressentiment, alors que j'avais gardé espoir avant. Pour moi, c'était fichu... Et le coup de fils du gynécologue à confirmer mon pressentiment : TRISOMIE 21. Pourquoi? Pourquoi toi? Pourquoi nous?Le cauchemar commence et je perds pieds. Il faut trouver la force de dire que je ne te voulais plus, toi que je voulais tant! La force d'annoncer la nouvelle à ton papa et d'affronter la déception et la pitié de tout l'entourage. Mais personne ne pense à toi, mon petit Lucas, toi qui vivait et bougeait encore dans mon ventre. On m'annonce le lendemain que je vais accouché dans 2 jours, qu'on va provoqué les contractions, et qu'on va te faire une piqûre pour que tu t'envoles mon ange...
Ce vendredi 16 avril, a été un cauchemar. Je n'ai pas de mots pour expliquer cette piqûre fatale, à part des excuses et des pardons pour ne pas t'avoir donner ta chance, mon lulu. Je me sens si coupable.
La journée a été très longue car bien entendu les médicaments pour provoquer les contractions n'ont bien fonctionné : j'ai vomis mes tripes et j'ai eu une bonne fièvre : c'est surement pour me punir. Mais au bout du compte, on m'a percé la poche des eaux et on m'a drogué pour accélérer les choses. Tu es arrivé à 22h, sans cri. C'est terrible! Je t'ai pris dans mes bras. Tu étais si beau! Je t'ai pris ta petite main et nous t'avons fait un bisou d'adieu. J'aurai temps voulu te garder avec nous!
Depuis, il n'y a pas une minute sans que je pense à mon petit lulu.
Nous essayons avec son papa d'avoir un bébé espoir mais rien...
Je garde espoir même si c'est encore très difficile.
J'espère avoir apporté ma pierre à l'édifice en témoignant.
Aurélie, mamange de Lucas 25SA.