Pour commencer, je voudrais dire à toutes les mamanges qu'à chacunes de mes visites j'ai versé beaucoup de larmes, mais que j'ai trouvé, grâce à vos temoignages, un peu plus de force pour avancer et retrouver espoir.
Je sais que la douleur qui me comprime la poitrine chaque jour est comprise par toutes les mamanges.
Aujourd'hui, je me sens prête à partager l'histoire de Jehro.
Avec son papa, nous avons tellement désiré avoir un enfant, nous avons appris cette bonne nouvelle en mai 2010 et puis les mois sont passés, la grossesse se déroulait très bien. Je me sentais prête pour accueillir cet enfant. J'avais le sentiment qu'on se portait mutuellement. Il me rendait si heureuse, si epanouie.
Avec son papa, nous ne souhaitions pas connaitre le sexe, nous voulions garder un peu de mystère et la surprise pour notre premier enfant.
Nous nous préparions doucement à sa venue.
J'ai travaillé jusqu'au début de mon congé maternité, j'étais en forme et on me le disait souvent. Tout se passait bien, le terme approchait.
Lors de la dernière consultation avec la gynécologue, on entend son petit coeur, elle nous annonce qu'il ne devrait plus tarder et me dit "vous avez eu une très belle grossesse" c'est vrai, je suis sur un nuage, confiante.
Deux jours après cette consultation, après avoir passé une nuit très agitée, je me reveille avec une grosse fatigue que j'imagine liée à cette nuit. Je reste donc au repos et je me rend compte que je ne l'ai pas senti de la matinée. J'ai une appréhension mais je me dis que c'est la fin de grossesse et qu'il est normal de moins le sentir à ce stade là.
Au retour de son papa, le soir, je lui fais part de ce fait, on se rassure tous les deux, nous venons de voir le medecin.
Le lendemain, l'inquiétude est toujours là, toujours pas de signe de mon bébé, j'ai un pressentiment mais pourtant au fond de moi je ne peux pas croire que ce soit possible... alors je pars faire les derniers achats pour la maternité. Mais l'inquiètude est grandissante, en fin de journée nous partons pour l'hopital. Sur le trajet, je sais déjà ce qu'on va m'annoncer...
Je suis prise en charge par l'équipe, monitoring:rien, suivi d'une échographie où je vois sur l'écran son petit coeur sans mouvement.
Et là je suis dans une bulle, je n'entends plus rien, les mots n'ont plus de sens , je suis même incapable de pleurer mon bébé. Pourquoi?Pourquoi? Pourquoi? question à laquelle nous n'aurons jamais de réponse... Il faut vivre avec des hypothèses.
Il a fallu ensuite trouver la force au plus profond de nous pour vivre cet accouchement.
C'est dans la tristesse que nous avons découvert notre beau petit garçon prénomé Jehro le 9 janvier 2011, nous n'oublierons jamais son visage. Petit garçon si fragile à qui nous avons dit aurevoir. Tu nous manques à ton papa et à moi, je sais que tu es prêt de nous.
Nous avons planté pour toi, un Jasmin étoilé, chacune de ses fleurs est un signe de toi. J'aime le regarder, le sentir, le toucher ... Il me renvoit tellement de douceur. Il n'y a pas un instant où je ne pense pas à toi.
Je sais qu'il a ressenti, vécu chacune de mes émotions, qu'il a entendu son papa durant ces 9 mois. Cette pensée m'apaise car le peu que nous ayons partagé aura été marqué par la joie et le bonheur.