Nos Petits Anges au Paradis
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DEUIL PÉRINATAL - SITE OFFICIEL
 
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 Notre histoire

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Orchidée

Orchidée


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Localisation : Sabrevois
Je suis : Maman de
Ange(s) : Alexandra et 3 poussières d'étoile
Décédé(e) à : 20 5/7 sem pour Alexandra, 5, 8 et 11 sem pour les poussières
Le : 2008-02-25 pour la 1iere poussière
2008-07-01 pour la 2ième poussière
2010-03-08 pour la 3ième poussière (juju d'Alexandra)
2010-05-22 pour Alexandra
Date d'inscription : 16/07/2010

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MessageSujet: Notre histoire   Notre histoire Icon_minitimeJeu 2 Sep - 19:26

Alexandra mon amour,
Aujourd’hui, on va raconter notre histoire. Il y a longtemps que je veux la faire connaître, mais je n’ai jamais assez de courage pour m’asseoir et prendre le temps de revivre les événements. Tiens moi la main, ma princesse, parce que Maman a beaucoup de difficulté encore à se remémorer tout ça.
Je n’ai jamais pu imaginer que ma vie serait sans enfants.
J’adore les enfants, j’adore les bébés. J’ai tout fait pour m’en entourer tout le temps. J’ai enseigné des cours de patinage artistique aux plus jeunes dès l’âge de 11 ans. J’ai gardé dans je ne sais plus combien de familles depuis l’âge de 13 ans. Pour beaucoup d’enfants de ma petite ville, c’était mon visage sur lequel ils s’endormaient quand leurs parents n’étaient pas là et j’adorais avoir des tout-petits avec moi! J’espérais avoir plus tard une grande et belle famille, c’était ma priorité, même à 16 ans quand j’ai rencontré mon 1ier copain!
J’ai rencontré ton père, j’avais 20 ans et lui 23. Il venait tout juste de se séparer de sa conjointe avec qui il a eu ton frère, Benjamin, qui avait 2 1\2 ans à l’époque. Benjamin est handicapé, et pas juste un peu. Je devais me préparer à affronter cette nouvelle situation, moi qui la connaissais si peu, à l’époque, aussi celle des familles reconstituée et de la garde partagée. Malgré le fait que je devais débuter mon couple sur une famille, j’ai tout de suite adopté ton frère dans mon cœur et lui aussi me l’a bien rendu, même mieux que je ne le croyais. J’adorais mon nouveau rôle de maman à temps partiel (soit un mois sur deux à l’époque, parce que la maman de Benjamin avait décidé de retourner en Abitibi, sa terre natale et celle de Papa) et, le temps ou Benji n’était pas là, ça nous donnait du temps pour développer notre couple, à Papa et moi. Malgré que Ben soit différent des autres enfants, on a toujours fait comme si rien n’en était, sauf qu’on a respecté ses limites physiques. Papa avait très peur de recommencer la famille à cause du problème de Benjamin, mais ton père est un super fonceur et il savait que c’était mon objectif. On a décidé d’attendre que je finisse mes études d’infirmière auxiliaire.

Malheureusement, la maman de Ben a décidé d’arrêter la garde partagée et, comme pour Papa et moi, la présence de Benjamin était très importante, nous avons décidé d’aller habiter le petit patelin de Papa. J’ai donc tout quitté pour notre vie de famille. J’ai terminé mon cours d’infirmière auxiliaire là-bas et je m’apprêtais à sauter à pieds joints dans la maternité. Sauf que mon travail ne me plaisait pas, je pleurais souvent et je trouvais ça très difficile. Papa m’a convaincu d’aller faire mon cours d’infirmière et de retarder un peu la famille de 3 ans, qu’à 24 ans, j’avais encore pas mal de temps. Il me voyait dépérir dans mon travail et savait que je ne ferais pas long feu comme ça. J’ai donc débuté mon cours en colère et pleine de tristesse. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps pendant tout la 1iere session, mais Papa et Grand-maman m’encourageaient tellement que je n’ai pas eu le cœur d’arrêter. J’ai donc décidé de me spécialiser en maternité-néonatalogie-pédiatrie et j’attendais ce stage avec grande impatience. Papa m’avait alors fait le cadeau de ressortir de la région après mon DEC et de partir à Trois-Rivières faire mon cours de sage-femme. C’était mon rêve!!! J’avais pris toutes les informations et j’étais certaine de mon coup. Puis, à la session d’hiver de ma 2ième année arrive MON stage de rêve. Comme j’avais déjà pas mal d’expérience plancher, parce que je travaillais en même temps que mes études comme infirmière auxiliaire, j’étais considérée comme une excellente étudiante durant les stages. Il n’était pas rare que les profs me donnaient plus de patients ou des patients très complexes pour me mettre aux défis. À ma 1ière journée du stage de maternité, ma prof vient me chercher pour une cliente en travail. Enfin, j’allais vivre mon 1ier accouchement!!! Je prends tous mes papiers, le moniteur, c’est une 37 sem, 7ième bébé, ça devrait être assez simple. Sauf qu’un questionnement me passe par la tête : pourquoi l’accouchement va se passer dans une chambre privée plutôt qu’en salle d’accouchement??? J’entre donc dans la chambre, excitée comme une puce et commence le questionnaire. Le moniteur était déjà installé, mais seulement celui des contractions, pas celui du cœur fœtal, bizzard… À la question « Pourquoi vous êtes ici », elle me répond « Tu ne sais pas??? ». Je lui rétorque que ça fait partie du questionnaire, que ça a l’air niaiseux, mais que pour nous c’est important que le client sache pourquoi il est à l’hôpital. Elle me demande si je suis l’étudiante qui doit venir la voir et je lui réponds par oui. Elle me demande si mon prof a discuté avec moi avant de venir la voir et je lui dis non. Elle me dit « Viens t’asseoir, on va jaser ». Elle me raconte son histoire : c’est son 7ième bébé et il est décédé. Elle va devoir le mettre au monde même s’il est mort. Comme c’est sa 3ième mort d’enfant, elle a accepté que la meilleure étudiante du groupe vienne assister parce que ça fait partie de notre pratique. J’étais… je n’ai pas de mot pour te l’expliquer, ma poulette. Je suis partie de la chambre et je suis allée voir ma prof en lui demandant de refuser la cliente. La prof refuse, elle me dit que ça aussi ça fait partie de ma pratique et que c’est d’autant plus important que je vois ça puisque je veux devenir sage-femme. J’aurais voulu que ça ne se passe pas ainsi, mais j’ai assisté cette dame avec une infirmière d’expérience. L’accouchement a été rapide, j’ai pleuré tout le long. La cliente et son mari ont même essayé de me consoler. Après la naissance, nous avons préparé ce bébé et je me suis dite que plus jamais, au grand jamais je ne voulais voir ça dans ma vie. Ce soir-là, quand je suis rentrée à la maison, j’ai dû restée dans l’auto à pleurer pendant 2h. Papa a dû venir me chercher. En lui racontant tout ça, Papa s’est choqué contre la prof. Par contre, ma voie venait de se tracer : plus jamais je ne voulais voir de bébé mort dans ma vie professionnelle. J’ai annulé mon inscription à l’université et j’ai encore cherché ma voie.
Après mon cours, j’étais prête! Enfin, c’était le temps d’avoir des enfants! Je me suis mise à travailler à temps plein pour avoir un beau congé et on a commencé les démarches pour aller en génétique voir si le problème de Benjamin allait se répercuter sur les autres membres de notre famille. L’attente a été très longue, plus d’un an, et surtout, notre conseillère très peu collaboratrice. J’ai fini par me tanner (tu le sais, ma patience n’est pas longue!!!) et j’ai arrêté la pilule. J’ai espéré les 3 1iers mois, après j’ai vécu la désillusion totale, rien n’arrivait! De plus, on a appris en même temps que Grand-papa n’allait pas bien du tout, il allait mourir sous peu. J’étais très stressée et je devais aller à Montréal beaucoup plus souvent. J’ai donc commencé à rapailler des informations autour de moi sur la fertilité, surtout que je travaillais souvent avec une gentille gynécologue. J’ai donc tout essayer : courbe de température, changement de position, j’ai même regardé les cycles de la lune!!! Finalement, j’en parle avec Tante Cathou, qui me massait, et elle décide de me faire de la réflexologie.
Le 1ier mois, je suis en retard et très fatiguée, mais comme j’avais un train de vie d’enfer, je me suis dite que c’était normal. Au bout de 5 semaines et 2 jours, une nuit, je sens monter une vague de douleur incroyable dans mon ventre. Je cours à la salle de bain et perd énormément de sang en très peu de temps et un énorme caillot. Je panique un peu, appelle une copine qui travaille à l’urgence cette nuit-là et je lui explique la situation. Elle me demande mon pouls et me fais prendre ma pression. Tout est beau! Elle me dit que c’est le bordel là-bas, de retourner me coucher, que c’est probablement une fausse couche. Quoi??? Vraiment??? Je retourne vraiment me coucher et, même, me rendors facilement! Le soir, à mon travail, j’en parle avec ma gynéco que j’aime bien et elle me fait passer quelques tests sanguins. C’était effectivement une fausse couche et me rassure pour la suite des choses. Papa était en état de choc quand je lui en ai parlé et insiste pour attendre le rendez-vous en génétique avant tout. Le rendez-vous se pointe le mois d’après et on nous rassure sur le fait que la maladie génétique de Benjamin est inconnue et que, comme Papa et moi n’avons pas la même combinaison génétique, que ça serait vraiment surprenant que ça se reproduise.
Le mois suivant, je suis enfin enceinte!!! J’étais tellement heureuse. On attendait ce petit bébé pour janvier 2009. Ce bébé était plus qu’un bébé espoir parce que Grand-papa allait vraiment mal et il allait venir mettre un baume sur notre plaie qui s’en venait à grands pas. J’ai su que j’étais enceinte le jour de mes 28 ans et je l’ai annoncé à tes grands-parents le jour de la fête de Grand-maman. Papa et Grand-papa sautaient de joie (même Grand-papa sur sa chaise roulante!!!). Grand-maman était désespérée, car je lui avait promis de lui consacrer mon été, comme Grand-papa était au plus mal. Elle a fait une de ses colères comme rarement j’en avais vu. Au retour de la fête de Grand-maman, des saignements apparaissent. Je panique, mais je suis au travail, donc on me fait un écho d’urgence. Je vois enfin mon petit poulet d’amour! Je suis si fière et je l’aime tant! Au bout de quelques minutes, la gynéco me dit qu’il y a une différence dans les dates de 2 sem, mon petit poulet a l’air d’avoir été conçu bien après ce que je pensais et, même après mon test de grossesse! Bizzard… Mais on verra plus tard, ça peut arriver, tous les espoirs sont permis et mes saignements se stabilisent. Tous les soir, j’ai une conversation de motivation avec lui pour que Petit Poulet grandisse bien jusqu’au prochain écho dans 2 semaines. Mes symptômes de grossesse augmentent, pourquoi devrais-je m’inquiéter plus qu’il ne le faut, c’est pas bon le stress pour le bébé. Dans ma tête, ça sent pas bon, cette histoire de différence de dates. Plus le temps avance, moins Grand-papa va bien. Un soir, Grand-maman m’appelle pour me dire qu’on débute les médicaments de fin de vie, que Grand-papa va s’éteindre sous peu. Je suis à 850km de chez moi, je panique, mais j’approuve à 100% cette décision et me résous à rester chez-moi en attendant la fin, comme ma grossesse ne va pas très bien. Dans le fond de moi, la vie de Grand-papa est attachée à celle de ce petit être en moi. J’espère le voir venir au monde, mais quelque chose me dit que ça ne sera pas le cas. Le 23 juin 2008, Grand-papa s’envole vers les nuages ou il n’aura plus jamais de douleur. C’est pour moi un grand soulagement, malgré l’immense peine que j’ai. J’aurais tellement aimé lui offrir de voir ses petits-enfants avant qu’il parte. Les saignements repartent de plus belle et j’appelle à l’hôpital pour qu’on puisse ne reçevoir en écho d’urgence avant que je parte pour Montréal. Je devrais être enceinte de 10 sem. Sur l’écho, pas de cœur encore, mais une évolution face à la dernière écho. L’embryon est daté de 6 sem et mon placenta à 10!!! Là, je me dis que c’est vraiment pas normal, mais la gynécologue me rassure, il y a encore de l’espoir, sauf que si la semaine prochaine, il n’y pas d’évolution, il va falloir faire quelque chose. Prochain écho dans 1 sem à Montréal. Je pars pour les funérailles de Grand-papa et vis ce tourbillon dans les nuages. C’est difficile, mais trop intense pour que je puisse vraiment bien le vivre. 8 jours après le départ de Grand-papa, c’est au tour de Petit Poulet de me dire aurevoir et de partir vers les nuages. Ça a été vraiment très difficile à vivre, deux personnes que j’adorais… J’ai eu beaucoup de difficulté à sortir cet enfant et je me suis tapée une hémorragie assez intense pour que Grand-maman et moi, deux infirmières en soins de santé d’urgence, soyons prises de panique et devions nous rendre à l’hôpital pour contrôler l’hémorragie. Papa n’a pas pu être avec moi, il devait retourner à son travail sitôt les funérailles terminées. Comme j’avais beaucoup de douleur à cause des contractions et beaucoup de saignements, j’ai dû rester un petit moment à l’hôpital. Papa a suivi le tout au téléphone. Dès mon retour à la maison, il m’a prise en charge, moi qui étais complètement atterrée et déprimée. Je pleurais constamment, n’avais plus de mémoire, je voulais seulement ravoir mon papa et mon petit poulet. La fausse couche ayant été très difficile physiquement, j’ai dû prendre un temps de repos et j’ai laissé filer le temps pour réparer ma peine…
Un an plus tard, j’étais prête, mais ma relation avec Papa branlait dans le manche pas mal et Papa ne désirait plus avoir d’autres enfants. J’étais extrêmement triste de cette situation, moi qui voulait tant une famille. Puis la situation a dégénéré assez pour que je veuille quitter Papa. En décembre dernier, je suis partie pour de bon. J’ai quitté mon travail, j’ai vendu la maison et suis revenue vivre chez Grand-Maman. Papa a toujours pensé, malgré nos chicanes que je ne le quitterais jamais, que c’était pour la vie. Il se retrouvait seul, sans maison et sans sa Renée. Il a eu peur et est venu me rejoindre à Montréal. Contre toutes mes attentes, il a décidé de s’en venir avec moi, même si ça voulait dire abandonner la garde partagée de Ben et quitter un travail qu’il adorait. Je n’aurais jamais cru qu’il aurait fait cela pour moi. C’est ce soir-là que Papa m’a promis de me mettre la corde au cou pour de bon en me mariant. C’est ce soir là que nous t’avons conçu.
Sauf que tu t’es drôlement bien cachée! Tu étais totalement différente des deux autres : j’étais super en forme, je ne dormais pratiquement jamais, mais j’avais mal au cœur!!!! Et des maux d’estomac épouvantables!!! J’ai même été menstruée!!! De plus, 3 semaines avant de savoir que tu dormais dans ma bedaine, Tante Mé m’a annoncé qu’elle était aussi enceinte, mais elle ne savait pas si elle gardait bébé. Par contre, elle ne s’empêchait ni de boire, ni de fumer malgré qu’une vie grandissait en elle. J’étais complètement scandalisée, moi qui avait tellement hâte de couver une prochaine vie, je ne comprenais pas comment elle ne pouvait pas faire attention à la chance qu’elle avait. Pendant ce temps, Papa et moi établissions notre nouvelle vie. Nous pensions à refaire un bébé dès que la question de la maison serait réglée. Sauf que les nausées m’ont trahi!!! Et un matin en me levant, j’ai eu un saignement très abondant. J’ai cherché pour voir si je trouverais un embryon et je n’ai rien trouvé, même pas de caillot. Papa voulait que je fasse un test depuis 1 semaine, je l’ai fait le jour suivant le saignement. Il était positif avant même que la confirmation du test ne se fasse. Malgré tout, je suis allée voir mon médecin de famille qui m’a aussitôt redirigé à l’urgence pensant que je faisais belle et bien une fausse couche. J’étais tellement triste, mais Papa m’a dit qu’on se réessayait le mois suivant. À l’hôpital, on ne fait ni un, ni deux et on tente le curetage manuel. On a sorti quelques caillots en me disant que je vais faire le reste moi-même avec la nature. J’avais quelques contractions, mais vraiment pas grand-chose. Comme, on supposait une 3ième fausse couche, on me réfère en fertilité pour dans une semaine. Je réussis à avoir rendez-vous à mon lieu de travail. J’y ai vu un très vieux gynécologue, gentil comme tout qui trouve mon utérus très gros pour une fausse couche. Il décide de me passer un écho et ne me montre rien en attendant que les étudiants arrivent. Je les vois me regarder l’air neutre et je me dis « Ça y est j’ai quelque chose de vraiment grave ». Le gynécologue se retourne vers moi et me dit, tout sérieux : « J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle : la mauvaise c’est que je ne ferai pas grand argent avec vous et la bonne c’est que vous êtes enceinte de 9 sem! ». J’étais stupéfaite!!! Tu t’étais accrochée dans le haut d’un kyste utérin, qui saignait à cause de la pression que tu mettais dessus!!! Même le curetage ne t’avait même pas touché!!! J’étais folle de joie, j’ai crié comme une malade dans la salle d’examen. Tu étais là, toute correct et ton petit cœur battait. J’ai même vu tes bras et tes jambes. On m’a donné ta première photo et je l’ai gardé sur mon cœur jusqu’à ton départ. Je savais que tu étais une fille, il n’y avait qu’une tête de cochon de Durand comme la mienne qui pouvait s’être battue comme ça! Papa hurlait de joie, Benjamin aussi. Malgré ma crainte de te perdre, j’ai réussi à combattre mon anxiété et à poursuivre jusqu’au prochain écho pour ta clarté nucale. Entre temps, Tante Mé m’a annoncé qu’elle gardait son bébé et qu’elle était si heureuse qu’on soit enceinte ensemble, nous les meilleures amies du monde. Sincèrement, je n’ai jamais pensé être enceinte avec elle, mais c’était bien de l’avoir avec moi. À la clarté nucale, tu as fait à ta tête, ça t’a pris 1h30 prendre la position!!! Mais j’étais contente de te voir aussi longtemps, je ne pouvais pas croire que tu étais là!!! Comme j’avais toujours mal au cœur, j’avais maigri considérablement au lieu de prendre du poids. J’ai même pu voir qu’il n’y avait pas de complet 3 pièces entre tes deux jambes, mais on ne pouvait pas encore confirmer parce que tu n’avais que 13 sem. À 15 sem, nous sommes allés en Abitibi pour vider la maison, le grand déménagement étant prévu pour le mois de mai. La nuit suivant notre arrivée, j’ai eu encore un énorme saignement. J’ai couru à l’urgence, mais tout avait l’air de bien aller. Toi, tu allais super bien. On m’a fait un écho, pensant que c’était peut-être le kyste qui faisait des siennes, mais non, on ne trouve pas la cause. On me confirme aussi que tu vas être notre Alexandra. Papa était tellement content qu’il a sorti son cellulaire dans l’hôpital pour appeler tout le monde! On retourne à Montréal pour un prochain écho. J’ai commencé à te sentir bouger vers 16 sem et je n’avais même pas l’air un peu enceinte, j’avais l’air d’avoir pris un peu de poids! Quand j’ai vu mon doc de Montréal, il m’a mise au repos au cas ou ce serait un décollement placentaire parce que le saignement perdurait. J’avais énormément de plaisir à être à la maison à te sentir avec moi, mais ça me rendait très très anxieuse en me demandant si tout était normal. Vers 18 sem, on a eu notre 1ier rendez-vous en génétique. On a encore fait un écho et on a trouvé la source du bobo des saignements : j’avais un placenta très marginal, il frottait contre mon col constamment, mais à peine de 1 cm! Toi, tu es top shape, mais un peu petite pour une 18 sem, on te redate à 17 1\2. J’en parle avec la généticienne et elle me dit que c’est très correct comme différence, qu’elle ne touche pas à ma date d’accouchement, mais qu’il faut que je me fasse à l’idée d’avoir une césarienne. On décide de transférer mon dossier en GARE à Ste-Justine.
Le 21 mai, date du déménagement arrive. Papa doit partir pour l’Abitibi pour aller chercher nos affaires et finaliser la vente de la maison. J’ai 20 sem et à peine une toute petite bedaine que le médecin n’espère même pas voir pousser. À ce rendez-vous, tu étais très vigoureuse et déjà tu avais eu une grosse poussée de croissance cette semaine-là. Le matin que Papa doit partir, je me réveille avec des contractions, pas très grosses, pas douloureuses, mais paniquantes. Je veux aller à l’hôpital, mais grand-maman me dit de prendre un bain et de retourner me coucher. Et ça passe vraiment. Sauf qu’elles reviennent encore et encore pendant 3 jours. J’en parle avec une infirmière de maternité que je connais un peu et elle me conseille encore un bain, mais que si dans 2 jours, ça ne passe pas, d’aller faire un tour à la maternité. Le 22 mai, Grand-maman part pour la journée, je vais passer ma première journée seule avec toi depuis ton arrivée dans ma vie (Papa n’ayant pas encore d’emploi). Tante Mé est de garde si besoin. Les contractions sont légèrement plus douloureuses et je m’installe pour une journée de films! Vers midi, je vais encore dans le bain avec mon verre d’eau. En sortant du bain pour un pipi, je perds quelque chose d’épais avec des filaments de sang. En me levant de la toilette, j’aperçois, quelque chose qui pend entre mes jambes, c’est une genre de bulle allongée. Je panique et appelle Tante Mé pour qu’elle s’en vienne. Comme elle est un peu loin, je décide d’appeler une ambulance et me recouche en pleurant et en te suppliant de rester avec moi. J’ai dû prier tous les saints et les anges du ciel en attendant cette foutue ambulance. J’ai dû appeler Grand-papa je ne sais pas combien de fois pour qu’il te laisse sur la Terre. Arrivée à l’hôpital, les contractions se sont calmées et Grand-maman s’en vient me rejoindre avec Tante Marie, ma sœur. On me fait un moniteur et une seule contraction apparaît en 30 min, malgré que j’en sente pas mal plus que ça. L’infirmière ne sent pas mon ventre durcir, malgré que je lui dise. Elle me dit que c’est probablement des douleurs ligamentaires et ne me fait pas d’examen vaginal à cause de mon placenta praevia. Toi, tu es pétante de vie! Tu bouges beaucoup. Grand-maman arrive vers 15h et on attend l’examen du médecin, mais ça grouille énormément sur le département. Je suis certaine de juste avoir eu une bonne frousse et de retourner avec toi et Grand-maman à la maison. Jamais je n’ai cru que j’étais à 2h de te perdre pour toujours. Vers 16h, on m’avise que le médecin s’en vient et d’aller faire un pipi. En allant uriner, je sens un saignement s’en venir et les contractions sont vraiment plus forte, mais l’infirmière et Grand-maman pensent que ce sont des douleurs ligamentaires et que je suis plaintive. Je me tais, mais ça fait vraiment mal. En revenant de la salle de bain, j’ai une méga nausée et vomi sur le champs. Ensuite, je sens pousser entre mes jambes. Je me dis que je dois me tromper et je n’ose pas y croire. En me voyant vomir, Grand-maman commence à avoir hâte que le médecin arrive. Elle arrive donc vers 16h30 et m’installe pour mon examen. Elle aussi sent le saignement sur le bout du spéculum. En ouvrant le spéculum, elle reçoit une bonne partie de mon placenta et mes eaux sur les genoux. Et là tombe l’horreur : « Madame Durand, je suis vraiment désolée, mais vous êtes en train d’accoucher ». En ces quelques paroles, mon monde venait de s’écrouler et je refusais de croire que tu allais partir pour le ciel. Je lui dis que je ne la crois pas, que tu avais un cœur à peine 30 min avant sa visite. Là elle m’explique avoir reçu le placenta sur ses genoux et que le cordon est déjà dans mon vagin. Le cordon est mort depuis 10 bonnes minutes, selon elle, et toi aussi. Je ne pouvais pas croire que j’allais vivre ça encore une fois et aussi loin que ça dans ma grossesse. Tu étais si vivante il n’y avait que si peu de temps. À ce moment-là, j’ai voulu mourir avec toi, m’envoler pour toujours. Je ne voulais pas vivre cette douleur, je ne voulais pas vivre sans toi, ma princesse. On m’a alors laissé encaisser pour 2 minutes et on a fait venir Grand-Maman. Je lui ai demandé de me cacher les yeux parce que je ne voulais pas voir mon bébé mort, j’en étais incapable. En 3 minutes, on m’a préparé pour l’accouchement et tu es sortie en 2 poussées. Le médecin m’a dit que tu étais une petite fille bien formée avec tous tes morceaux. Tu étais même très grosse pour ton âge, 1,2 lbs. A peine étais-tu sortie de mon ventre que le médecin me parle déjà d’incompétence du col et de cerclage. J’absorbe plus ou moins l’information qu’on me donne. L’infirmière m’encourage et essaie de me consoler un peu. J’entends Grand-maman parler à Papa et pleurer. J’ai peine à réaliser que tu n’es plus là. Papa pleure au téléphone et désire venir nous rejoindre au plus vite, mais est pris par le déménagement. Là, les autres problèmes commencent : je suis en hémorragie et ça ne finit pas. On désire attendre 2h que je sorte le reste de la poche seule avec des médicaments, mais je n’y parviens pas et je saigne trop. Vers 20h, on m’amène en salle d’opération pour le curetage. On m’a demandé à plusieurs reprises si je voulais te voir, mais j’en suis incapable. Je ne suis pas encore capable d’assimiler ta mort et je refuse de le faire. Je demande qu’on prenne des photos de toi et Grand-maman est allée te voir. Elle m’a dit que tu étais si petite, mais si mignonne. Après l’opération, je retrouve Grand-maman et on couche toutes les deux à l’hôpital, Papa finissant le déménagement pour venir nous chercher le lendemain matin. Je passe ma nuit à pleurer et à saigner, mais c’est mieux. Tu me manques déjà tellement. J’ai décidé de te faire faire une autopsie pour rassurer Papa, j’ai aussi décidé de te faire incinérer dans notre salon funéraire et d’aller te porter avec Grand-papa pour qu’il puisse te bercer en attendant que j’arrive vous rejoindre. Je haïs toutes les femmes enceintes de la Terre et attends mon congé le lendemain matin avec grande envie.
On rentre à la maison, Grand-maman et moi, retrouver Papa et pleurer ensemble. Je suis tellement fatiguée, tellement épuisée. Ce sentiment va me suivre pendant des semaines après ton départ. Malgré qu’on ait envoyé un courriel à toutes nos connaissances annonçant ton décès, plusieurs appellent ou nous rendent visite, malgré qu’on ait expressément demandé à ne pas voir personne. Je suis incapable, encore à ce jour, de revoir Tante Mé. Je trouve la situation tellement injuste que j’aime mieux me retirer plutôt que de dire quelque chose que je pourrais regretter. Je reste donc seule avec moi-même pour apprendre à digérer ton départ.
1 semaine après ton décès, je reçois un autre coup sur la tête : on a perdu ton corps!!! Une nouvelle secrétaire ne savait pas comment faire ton transfert pour Ste-Justine et a envoyé tes papiers dans un hôpital et toi dans un autre. Là, je désire réellement mourir ou sinon piocher sur la tête de quelqu’un! Je fais mes propres recherches, pendant que l’hôpital, se confondant en excuses, fait les siennes. On finit par te retrouver à l’hôpital où je t’ai mise au monde, dans le fond d’une armoire, dans ton bocal de formol. J’ai peur qu’on se soit tromper de bébé, mais non c’est bien toi, tu étais bien identifiée et on a pu te transférer pour l’autopsie, puis la création. L’hôpital a peur que je porte plainte, mais je m’assure seulement qu’on a mis en place des moyens pour que ça ne se reproduise plus.
Jusqu’à ta cérémonie funéraire, je pleure sans arrêt et suis incapable de rien faire. Tout ce que je suis capable, c’est de pleurer et d’aller chez la psychologue. Papa nous installe dans notre nouvelle maison et je demande que ta chambre soit meublée autrement en attendant la venue d’un prochain enfant. Je déteste tout ce qui est relié aux bébés. Au bout de 3 semaines de ce régime, Papa fait une crise et me demande d’aller voir un médecin, ce que j’ai fait le lendemain. Je commence des médicaments. Le changement tarde à venir, mais j’ai un peu plus de pep. On t’a mise dans ta niche avec Grand-Papa le 9 juillet. C’est moi qui t’y ais déposé. J’ai fait avec tes petites affaires et toutes tes photos une boite que j’ai déposé dans ma garde-robe, je la vois tous les jours. J’ai fait un petit montage photos avec celle de Grand-papa et des gens partis que j’aime et j’y ai rajouté une partie du ruban de ta robe. Je l’ai mis dans ma sacoche, donc je peux y avoir accès en tout temps. Je te survis, ma fille, mais c’est tellement difficile.
Après 3 mois, je peux dire que je vais tenir engagement de ma promesse que je t’ai faite : je vais continuer à vivre. J’ai même retrouvé le goût de te fabriquer un frère ou une sœur. J’ai maintenant hâte que tu me l’envoies. J’ai fait mes devoirs et je sais que j’ai des solutions pour quand ton frère ou ta sœur va venir grandir dans ma bedaine. Malgré tout, tu vas toujours rester MA grande fille, mon aînée, mon amour. J’aurais tellement mieux aimé te connaître autrement, mais je ne peux pas. Un jour, quand ce sera le temps, j’espère que tu vas venir me chercher pour qu’on puisse enfin se serrer dans nos bras et que je puisse te bercer, t’embrasser, te voir, te connaître. J’espère aussi tirer du positif de cette situation un jour, mais je sais que mon chemin est encore loin. Je sais, par contre, que maintenant, tu vas être toujours là pour me tenir la main.
Voilà, c’était notre histoire!
Je t’aime ma belle puce,
Maman
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MessageSujet: Re: Notre histoire   Notre histoire Icon_minitimeJeu 2 Sep - 20:02

Ton histoire ma vraiment touchée ma belle Renée-Claude.
Tant de persévérance pour aboutir à une telle souffrance.
Je sais que c'est horrible ce que tu as vécu.
Ta belle poupoune veille maintenant sur toi et elle est avec son grand-papa j'en suis certaine.
Sache que je pense à toi et je suis certaine qu'un jour tu aura la chance d'avoir un beau bébé dans tes bras.
Je te le souhaite de tout mon coeur.

Bisoux
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MessageSujet: Re: Notre histoire   Notre histoire Icon_minitimeVen 3 Sep - 12:30

je ne sais pas trop quoi te dire orchidée
ton recit ma fait beaucoup pleurer

mais sache que nous serons toujours la pour toi
comme tu l'es pour nous

et puis tu a Alaxandra pour veiller sur vous
et je suis convaincus moi aussi que tu auras un beau bébé espoir dans tes bras
flower
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Pupuce

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MessageSujet: Re: Notre histoire   Notre histoire Icon_minitimeVen 3 Sep - 13:06

Ton histoire m'a beaucoup touchée, je te voyais tr`s active sur le site sans vraiment savoir ce qui t'étais arrivé... `La vie est si cruelle... Se battre autant pour un tel résultat alors que d'autre n'en veule pas vraiment ou ne chérisse pas cette précieuse vie, mais qui vont tout de même avoir leurpetit bébé...Arcchhh ça me donne le goût d'hurler!!

Bonne chance ma belle Renée Claude, tu va l'avoir ce bébé espoir et plus vite que tu ne le crois j'espère!!
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marie7

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MessageSujet: Re: Notre histoire   Notre histoire Icon_minitimeVen 3 Sep - 13:15

Très touchante histoire...Difficile de retenir les larmes...
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Orchidée

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MessageSujet: Re: Notre histoire   Notre histoire Icon_minitimeVen 3 Sep - 14:33

Merci beaucoup les filles,
Je ne croyais pas toucher des coeurs avec mon histoire et je l'ai écrit surtout pour me libérer et extérioriser mes démons. Si vous saviez le temps que ça m'a pris juste pour me décider de l'écrire. J'ai beau avoir l'air ben ben forte sur le site, mais j'ai braillé comme un bébé tout le long que je l'ai fait. Sincèrement, je m'en sens vraiment plus légère aujourd'hui, ça m'a fait un bien énorme. Merci de votre appui, les filles, j'ai été très touchée!
Gros bisous à tout le monde!
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isabela70

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MessageSujet: Re: Notre histoire   Notre histoire Icon_minitimeVen 3 Sep - 18:58

Orchidée je viens de finir de lire ton témoignage et je dois te dire que hier je n'ai pas pu t'écrire car Beaucoup trop émotive et triste en lisant ton histoire..

Pourquoi tant d'énergie, de force, de courage et de persévérance pour aboutir à cette dure épreuve qu'une femme ne devrait jamais avoir à subir..Perdre un enfant,,,

La vie est injuste et cruelle de nos avoir enlevé nos enfants,,

Prend bien soins de toi

Je suis contente de voir que maintenant tu entrevois un avenir avec des enfants que tu auras porté et mené à terme et ce en santé

Isabelle xxx
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