Bonjour à vous toutes,
Je me présente, Laetitia, 27 ans, je vis dans les Côtes d'Armor en Bretagne et viens tout recemment de joindre votre groupe.
Ayant vécu la perte de ma petite Gwenn le 29 août dernier, je suis plus ou moins à la recherche d'oreilles qui peuvent comprendre ma douleur. En effet, il est très dur de parler de ce qui est arrivé avec mon entourage (peur de gêner, de blesser les personnes) alors que je ressens un besoin d'en parler.
Cela fais huit ans que je suis avec mon ami, Gildas, et le 13 septembre 2008 celui ci me dis enfin qu'il souhaite avoir un petit "nous deux". Après avoir soigné mon kist à l'ovaire et un problème chez mon conjoint aux environ de décembre 2009, toujours rien, traitement, pas concluant non plus.
Jusqu'au jour où je me rends compte que j'ai mal à la poitrine, et hop pas de retour de règles... notre premier petit bébé s'est installé en moi ! tout va bien le bébé, moi, le futur papa, les grand parents, les tontons, les tatas... C'est une fille, je voulais une fille, que rêvé de mieux, son prénom Gwenn, déjà prévu depuis des années (dans le cas où nous aurions une fille, c'est le Prénom de la grand-mère de Gildas, Blanche, soit en breton Gwenn).
Tout le monde est content ! Sa chambre est terminée, je prépare tout le linge qu'on a récupéré avec les frères et soeurs.
J'ai rendez vous le 28 août chez la gynéco pour un contrôle, elle m'annonce les poids et taille estimé à la naissance, regarde le placenta, bref tout va pour le mieux...
Le lendemain, grasse matinée, on s'est couchés tard, levé, petit dej, un petit moment pour commencer son album, déjeuner, puis re petite sieste ;
jusqu'au moment (15h30) où je me réveille avec une sensation de perte, je me lève donc et vai voir ce qui ne va pas, là panique pour moi j'ai des pertes de sang. Je vai donc voir Gildas en pleurs en lui disant qu'il valait peut être mieux aller aux urgences mais ne sachant pas ce qui allait arriver.
La bas la sage femme nous dit que c'est normal, que j'ai été trifouillé la veille pas d'inquiétude, elle fais donc une echo pour être sûre, c'est à ce moment qu'elle nous dit "j'ai une mauvaise nouvelle, il n'y a plus d'activité cardiaque". Effondrement pour moi, Gildas n'a pas encore réalisé, la sage femme va chercher le gynéco qui confirme que c'est fini et qu'il vont déclencher l'accouchement. On pleure tous les deux et on demande ce qui est arrivé mais on reste sans réponses.
Là on nous change de salle pour continuer la procédure jusqu'au moment où j'ai cru que je perdais les eaux (vu que je ne sais pas ce que c'est) mais ce n'était pas de l'eau, l'hémorragie se déclarait et à partir de ce moment là ça a été très vite, direction le bloc. Notre petite Gwenn est née sans vie à 18h23. Moi, j'ai fais un hématome rétro placentaire mais on ne sais toujours pas de quoi il vient.
Je me suis retrouvée aux soins continus à 23 h et là j'ai vu toute ma famille débarqué en pleurs en tenue d'hôpital même ma soeur de Nantes était là. Mais étant dans le coltar après l'anesthésie, je n'ai pas trop réagi, la seule chose que j'ai di était de ne pas laisser Gildas seul.
On a demandé à me mettre en chirurgie plutôt qu'en maternité car trop dur...
Puis tout s'est enchainé, le psy est arrivé, le gars de la chambre funéraire qui vient nous dire qu'il faut qu'on prépare les funérailles, le moment où l'on a été voir notre petite fille pour lui dire aurevoir.
C'est tellement dur...
Puis vient ce jour, le 2 septembre, le jour des funérailles, la famille et nos meilleurs amis (qui venait d'avoir une petite fille).
Aujourd'hui, Gwenn repose aux Jardins des Souvenirs à Bégard.
La vie continue mais rares sont les jours où je ne pleure pas et me pose beaucoup de questions.
Voilà mon histoire, je viens ici vous la raconter car vous avez vécu plus ou moins la même chose que moi et le fait d'en parler avec quelqu'un me fais du bien.
Merci de votre écoute.