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 L'histoire de Camille et Elodie (partie 1)

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2anges




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Ange(s) : Camille et Elodie
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MessageSujet: L'histoire de Camille et Elodie (partie 1)   L'histoire de Camille et Elodie (partie 1) Icon_minitimeJeu 8 Jan - 12:38

Cela fait des mois que je viens sur le forum. J'ai déjà participé à plusieurs discussions mais je n'avais encore jamais laissé mon témoignage. En ce moment je n'ai pas le moral alors aujourd'hui je me lance. Voici l'histoire de mes jumelles parties trop tôt... Merci à celles qui auront le courage de me lire jusqu'au bout. Mon témoignage est très long mais tout a été tellement compliqué....

Ma grossesse débute le 1er mars 2007 quinze jours après que mon gynécologue m'ait enlevé mon stérilet! Quelle joie, déjà si vite enceinte. Le début de grossesse se déroule sans problème, pas de nausées.... Arrive la première échographie et là la nouvelle. Le médecin me montre l'écran et en déplaçant la sonde me montre non pas un mais deux bébés. Il me dit que ce sont des vrais jumeaux ou jumelles : grossesse monochoriale (un seul placenta partagé par les deux bébés) biamniotique (chaque bébé a sa propre poche de liquide amniotique). Une immense joie s'empare de moi: j'ai déjà un petit garçon de deux ans et bientôt j'aurai trois enfants! En rentrant j'annonce la nouvelle à mon mari en lui montrant l'échographie: il est bien surpris et très heureux.

La grossesse se poursuit. Deuxième échographie, le 19 juillet: Mes bébés sont des filles. Elles sont un peu petites mais elles vont bien. Je devrai refaire une échographie dans 15 jours pour surveiller leur croissance.

Je prends RDV pour le 2 aout et c'est là que tout à basculé, à 5 mois de grossesse...
Mon ventre était depuis peu très tendu et très gros; je pensais que c'était normal avec des jumelles. A l'écho, l'une des bébés n'a quasiment plus de liquide amniotique et l'autre en a énormément, beaucoup trop. Mes bébés vont mal et il faut agir vite. C'est un syndrome transfuseur-transfusé et ça ne se produit que dans environ 10% des grossesses de vrais jumeaux. L'un des bébés transfuse sont sang à l'autre bébé à travers le placenta commun. Je suis immédiatement transférée à l'hopital de Poissy. Là bas ils connaissent très bien cette pathologie. Après plusieurs échographies, ils m'annoncent qu'il y a peut être une chance de sauver un ou les deux bébés. Mes les chances de sauver les deux sont faibles car l'un des bébés (le transfusé qui a beaucoup trop de liquide amniotique) est très affaibli notamment au niveau cardiaque. Je ne peux retenir mes larmes; je porte mes deux petites filles et on m'annonce que bientôt l'une d'elle mourra peut être ou même les deux. Je dois subir une intervention au laser sur le placenta pour supprimer les échanges sanguins entre mes deux puces. Je suis obligé d'attendre trois jours avant l'intervention car mon gynécologue m'avait placé sous aspirine pour favoriser soit disant la croissance de mes bébés. Je rentre chez moi en espérant qu'il n'y ait pas de rupture des membranes tellement mon ventre est gros...

Je me présente le jour du laser: le 6 aout.L'intervention a lieu vers 12h; je me rappelle encore les bruits des impulsions laser sur mon ventre. On me ponctionne en plus 2,5 litres de liquide amniotique puis on me ramène dans ma chambre. Maintenant il faut attendre pour voir si les bébés ont supporté l'intervention. L'attente est terrible mais au bout de quelques heures je ressens bouger dans mon ventre. Puis vient le moment de l'échographie pour vérifier la viabilité des bébés. L'angoisse ...et le visage du médecin qui en dit long et ces paroles: "j'ai une mauvaise nouvelle et une bonne nouvelle. La mauvaise c'est que l'un des bébés est décédé....et l'autre est en vie" Je m'écroule en larmes: "Ma petite fille....". Le médecin nous laisse un moment moi et mon mari et nous pleurons: je réalise que je n'aurais jamais mes jumelles... Je suis à 24 SA. Lorsqu'il revient, il nous dit que les reins du bébé transfuseur en vie refonctionnent bien, elle recommence à uriner et le liquide amniotique va se reformer autour d'elle. Elle est encore un peu affaiblie au niveau cardiaque mais il y a de l'espoir. Il faut attendre....
Je retourne dans ma chambre: ce soir là je porte la vie, Camille, et la mort, Elodie...
Cette nuit fut terrible...
Le lendemain, nouvelle écho pleine d'angoisse. Il y a de plus en plus de liquide autour de Camille mais son coeur est encore un peu faible. Il faut attendre encore...
Le lendemain, à l'écho les fonctions vitales de Camille sont bonnes; je vais rentrer chez moi. Pour Camille rien n'est encore gagné: il faut surveiller de près son cerveau par échographie car le décès d'un jumeau peut provoquer chez le jumeau survivant des séquelles neurologiques sévéres. Elle devra subir un IRM vers 32SA. On en est encore bien loin! Chaque semaine je devrais venir pour passer une écho de contrôle.

Je rentre chez moi, très triste de porter Elodie sans vie et très angoissée et anxieuse pour la vie de ma petite Camille. Cette angoisse ne durera que trois semaines car, après deux menaces d'accouchement prématuré avec contractions et hospitalisations successives je commence à perdre un peu de liquide. Je me rends de nouveau à l'hopital le jeudi 23 aout et après contrôle on m'annonce que je perds du liquide amniotique: l'une des deux poches est fissurée. D'après les médecins il doit s'agir de la poche d'Elodie. Il reste peut être une chance pour Camille de ne pas naitre si tôt; si sa poche tient...J'ai peur, très peur: "c'est beaucoup trop tôt ma puce tient encore je t'en prie..."On me fait des piqures de corticoides pour augmenter la maturité pulmonaire de Camille au cas ou l'accouchement se déclencherait.
Le samedi soir en me levant du lit d'hopital je perds une grande quantité de liquide amniotique noir: C'est la poche d'Elodie qui s'est rompue totalement. Je continue à perdre du liquide toute la nuit mais cette fois le liquide est plus clair...la poche de Camille est rompue elle aussi. L'accouchement est proche, trop proche! Le 26 aout au matin les contractions douloureuses se font sentir; j'ai peur que Camille ne soit déjà morte en moi mais non, on entend son coeur au monitoring...
On me fait une écho et on me dit que mon col est ouvert; l'accouchement est en cours. J'appelle mon mari au téléphone et je lui dis: "ça y est je vais accoucher" Je suis abattue, il me dit qu'il arrive...

Je subis une césarienne d'urgence. Je ne suis qu'à 27 SA et 4 jours, le 26 aout 2007. Je pleurais doucement pendant qu'on me faisait la césarienne... Je n'ai pas entendu mon bébé pleurer. Camille est partie pour être réanimée... Mon mari était avec elle.
Ce jour là Camille est née très grande prématurée avec un retard de croissance du au syndrome transfuseur transfusé...ma petite puce de 720 g et de 30 cm....

On revient me voir et on me dit que Camille va être transférée immédiatement vers un autre centre de réanimation néonatale car il n'y a plus de place en réa ici.
Je ne l'ai toujours pas vu, j'angoisse de ne pas la voir avant qu'elle ne parte.

Mon mari revient me voir; il me dit qu'elle va bien, qu'elle est petite mais qu'elle a un beau teint rose... On nous demande si nous voulons voir notre petite Elodie. Oui, bien sur que je veux voir mon bébé. On nous place dans une petite pièce et on nous apporte le corps de notre petite puce. On lui a mis un petit bonnet blanc. On la regarde et on la touche: sa peau est un peu grisée mais c'est bien un petit bébé si petit soit il... On lui dit qu'on l'aime et que c'est un petit ange puis nous la rendons aux infirmières. Et Camille? On me dit qu'on va me la montrer avant qu'elle ne parte.
Quelques minutes plus tard je vois arriver une couveuse et là au milieu un tout petit bébé. Un vrai bébé mais tout petit...relié à des petits tuyaux... Je ne peux retenir mes larmes. On me dit vous pouvez la toucher et c'est ce que je fais du bout des doigts, "tu semble si fragile ma puce"...
Puis on l'emmène. Je n'ai plus aucun de mes bébés...

On nous demande ce que nous voulons faire pour Elodie, voulons nous nous occuper du corps sinon l'hopital peut s'en charger. Nous faisons ce choix, nous allons devoir nous consacrer à Camille et nous ne nous sentons pas le courage de prendre en charge les obsèques d'Elodie. Notre puce sera donc incinérée avec d'autres bébés au funérarium du père Lachaise. J'ai plus tard regrété ce choix...

Le lendemain je peux être transféré dans l'hopital ou se trouve Camille. Je peux donc aller voir ma petite fille et quand je la vois dans sa couveuse je ne peux encore une fois retenir mes larmes...
Les médecins nous expliquent que la vie d'un grand préma se suit au jour le jour. Nous ne devons pas nous projeter dans l'avenir car tout peut basculer dans un sens ou dans l'autre subitement... On nous explique que notre petite Camille est pour l'instant intubée. Grace aux corticoides elle se débrouille plutôt assez bien pour son terme au niveau respiratoire et elle sera certainement bientôt extubée pour passer à une aide respiratoire moins forte.

Jour après jour, Camille semble évoluer plutôt favorablement. Après avoir quitté la maternité, je viens la voir tous les jours. Il y a des jours avec et des jours sans; des désaturations en oxygène, des difficultés respiratoires, une prise de poids parfois difficile.... mais d'après les médecins son évolution est plutôt globalement dans le bon sens. Pas d'infections, les échographies du cerveau sont bonnes: pas d'hémorragies cérébrales...
Les jours passent ainsi, Camille nous manque énormément le soir à la maison mais on se dit qu'il faut être patient et qu'on sera un jour réunis chez nous. Je tire mon lait pour elle et elle est nourrit par gavage avec celui-ci. A chaque fois que j'arrive à la réa je redoute le pire mais tout se passe assez bien. Après quelques jours je peux même commencer les premières toilettes dans la couveuse puis vient le moment que j'attendais depuis longtemps: le peau à peau. Camille est encore très petite mais elle semble tellement apaisée contre moi que j'en arrive parfois à oublier sa fragilité. Ce sont tout simplement des moments ou le temps est suspendu comme si rien ne pouvait plus nous arriver...
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